La ménopause, les hormones et le cerveau...

Un article récent du journal Nature retrace l'histoire de l'étude des troubles de la ménopause aux USA. Dans les années 90, le Pr Naomi Rance, neuropathologiste à l'Université de Tucson (Arizona), ayant constaté que des neurones de l'hypothalamus doublaient de volume chez les femmes ménopausées, entreprit des études afin de comprendre la physiopathologie des symptômes de la ménopause. Le champ était libre, peu de travaux concernant la ménopause étaient en cours, et les crédits étaient rares...

Elle découvrit en 2011 que les neurones du centre hypothalamique de la thermorégulation étaient stimulés par le neuropeptide neurokinine B, et inhibés par les œstrogènes : à la ménopause, la diminution des sécrétions œstrogéniques entraîne une hypertrophie de ces neurones et altère l'activité du centre de thermorégulation provoquant des bouffées de chaleur.

 Trente ans plus tard, le fezolinetant (45 mg), antagoniste sélectif du récepteur de la neurokinine B3, mis au point grâce aux découvertes du Pr Rance, vient d'obtenir l'approbation de la Food and Drug Administration pour le traitement des bouffées de chaleur de la ménopause. Compte tenu de la pénurie de traitements efficaces dans ce domaine, ce nouveau traitement suscite tous les espoirs.

Pas tout à fait comme des œstrogènes

Dès la période de préménopause, période de transition plus ou moins longue, des variations des sécrétions hormonales ovariennes peuvent provoquer des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, des troubles du sommeil, et des perturbations de l'humeur. Si un traitement précoce par le fezolinetant devrait limiter ces symptômes, aura-t-il un effet sur le développement de troubles neurologiques ultérieurs ?

Le fezolinetant agit sur le centre hypothalamique de la thermorégulation en mimant l'effet des œstrogènes, mais il n'aura pas les effets bénéfiques de ceux-ci sur le métabolisme osseux, le systéme cardiovasculaire, le système immunitaire, etc ...

Au pays de la WHI (World Health Initiative), les méfaits du traitement hormonal de la ménopause, tel qu'il était prescrit aux USA, ont détourné les femmes de traitements hormonaux plus naturels et plus sûrs. Le fezolinetant sera d'autant mieux accepté qu'il n'a pas d'effet hormonal.

Dr Catherine Vicariot

Référence
doi: 10.1038/d41586-023-01474-3.

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