La prévalence de l’HTA décolle près d’un aéroport !

Les aéroports sont des lieux très propices aux nuisances sonores : au décollage comme à l’atterrissage les avions produisent un bruit de fond préjudiciable au système nerveux central mais aussi au système cardiovasculaire. Des études transversales ont ainsi montré l’effet nocif de ces nuisances sur la rigidité artérielle évaluée au moyen de la vélocité de l’onde de pouls (VOP).

Une nouvelle étude cas-témoin s’est intéressée aux effets du bruit à long terme sur le fonctionnement cardiovasculaire en examinant, fait plus original, les conséquences à cet égard du confinement institué en raison de la pandémie de Covid-19. C’est une étude de cohorte prospective menée en Pologne, dans laquelle ont été inclus 74 participants exposés de jour et de nuit aux nuisances sonores d’un aéroport jouxtant leur domicile (intensité du bruit > 60 dB) et 75 témoins vivant plus au calme. Au terme d’un suivi de 5 années, la prévalence de l’HTA avait augmenté dans le groupe des cas, passant de 42 % à l’état basal à 59 % (p = 0,048), alors qu’elle est restée stable dans l’autre groupe.

Silence, on confine !

Le confinement, mis en place en Pologne dès avril 2020, a conduit à rendre rapidement silencieux l’aéroport déserté par les avions, ce qui « s’est traduit » par des effets hémodynamiques bénéfiques. Ceux-ci n’ont été significatifs que les sujets exposés, à savoir une diminution significative : (1) de la PA des 24 heures systolique (121,2 versus 117,9 mm Hg ; p=0,034) et diastolique (75,1 vs 72,0 mm Hg; p =0,003) ; (2) de la VOP (10,2 versus 8,8 m/s; p=0,001). Des différences intergroupes significatives ont également été constatées pour PA mesurée en consultation et la PA diastolique nocturne. Même après ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels, la baisse de la VOP est restée significative chez les participants exposés, soit -1,49 versus -0,35 m/s chez les non exposés (p=0,017).

Les nuisances sonores des aéroports auraient donc à long terme des effets hémodynamiques néfastes qui se traduiraient par une augmentation de la prévalence de l’HTA et de la rigidité artérielle. Ces effets seraient rapidement réversibles puisqu’il suffirait d’un confinement de quelques mois pour les inverser, ce qui reste à toutefois à confirmer compte tenu de l’approche cas-témoins.

Dr Catherine Watkins

Référence
Wojciechowska W et coll. : Blood Pressure and Arterial Stiffness in Association With Aircraft Noise Exposure: Long-Term Observation and Potential Effect of COVID-19 Lockdown Hypertension. 2021 (18 octobre) : publication avancée en ligne. doi: 10.1161/HYPERTENSIONAHA.121.17704.

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