L’asthme, cela dépend aussi de ce que l’on mange

Comme chacun sait, l’asthme est une affection respiratoire chronique caractérisée par une inflammation et une hyper-réactivité des voies respiratoires. En intervenant sur l’inflammation systémique, les réactions pro-oxydantes et le microbiote, une alimentation protectrice et une bonne hygiène de vie pourraient avoir un effet favorable sur l’évolution de l’asthme et en améliorer les symptômes.

Certains aliments et régimes semblent avoir une influence sur cette maladie

Fruits et légumes

La consommation de pommes et d’oranges, plus particulièrement, a été associée à une baisse du risque de développer un asthme chez les enfants et les adultes. La prise quotidienne de l’ordre d’une portion de légumes ou d’un fruit a été associée à une augmentation du VEMS, à une baisse du risque d’asthme, et une moindre apparition de râles sibilants. En parallèle, on observe une baisse du taux des cytokines pro-inflammatoires et une augmentation de ceux des marqueurs anti-inflammatoires, et des neutrophiles bronchiques. Des effets favorables sont observés pour une portion de fruits et légumes comparé à aucune, et en étude expérimentale, pour au moins 5 portions de légumes et 2 de fruits, par rapport à 2 portions au plus de légumes, et une de fruits, sur 14 jours.

Poisson

L’introduction du poisson quelle que soit l’espèce, dès 6 à 9 mois, puis une consommation régulière (au moins une fois par semaine) réduirait l’incidence de l’asthme et de râles sibilants chez les enfants jusqu’à 4 à 5 ans ; chez les enfants plus âgés, les poissons gras auraient un effet protecteur.

Le régime méditerranéen, chez les enfants et adolescents, est associé à de meilleurs VEMS et volume expiratoire forcé (= capacité vitale forcée).

Les produits laitiers

En prise élevée, ils pourraient avoir un effet défavorable sur l’asthme et son évolution.

Le régime occidental « western »


Pauvre en fibres, riche en graisses saturées, ce régime est associé à une augmentation de l’inflammation des voies aériennes et une aggravation de la fonction respiratoire chez les asthmatiques.

Les mécanismes d’action

Les antioxydants végétaux diminuent l’inflammation des voies respiratoires, améliorent le VEMS et volume expiratoire forcé CVF. La vitamine E réduit la peroxydation lipidique, protège les membranes. La vitamine C a une action anti-radicalaire, anti-inflammatoire et favorise la régénération de la vitamine E ; flavonoïdes et caroténoïdes agissent dans le même sens. Le sélénium est un cofacteur de l’enzyme antioxydante glutathion peroxydase. Le magnésium semble également protecteur.

La prise de fibres améliore le VEMS et le VEMS/CVF, effets observés pour plus de 17,5 g/j vs < 10,75 g/j. Les céréales complètes sont associées à une baisse de la CRP sérique. La fermentation des fibres fait produire du butyrate par une flore entérale qui réduit l’expression des cytokines inflammatoires.

Les graisses saturées peuvent favoriser l’inflammation, en activant des médiateurs pro-inflammatoires. Les oméga 3 ont un effet inverse.

On notera également qu’une insuffisance en vitamine D a été associée à une augmentation du risque et de l’évolutivité de l’asthme, et agirait sur l’inflammation et l’immunité.

Le surpoids et l’obésité sont associés à une augmentation du risque d’asthme, en lien avec les marqueurs inflammatoires élevés au cours de cette affection. Une réduction pondérale améliore le contrôle de l’asthme.

Seize pour cent de cas d’asthme évitables ?

Dans une étude multicentrique sur 70 795 enfants de 6 à 7 ans, issus de 19 pays, les auteurs évaluent les effets d’un score santé sur la survenue de crises d’asthme (au moins une dans la vie). Le score santé comprend 1 point si les deux parents sont non-fumeurs, 1 pour un poids normal, 1 pour la pratique d’une activité physique vigoureuse (génératrice d’essoufflement) au moins une fois par semaine, 1 pour moins d’une heure de télévision par semaine, 1 pour un score d’adhésion au régime méditerranéen au-dessus de la médiane de la population, soit un total de 5 points. Pour chaque point du score santé, le risque de symptômes asthmatiques (survenue de râles sibilants ou sifflants dans les 12 mois) diminue de 13 %, et celui d’asthme (avoir eu ce diagnostic au moins une fois dans la vie), de 10 %. Ainsi, si ces relations étaient causales, 16 % des cas d’asthme pourraient être évités.

Dr Viviane de La Guéronnière

Références
AlvarithJ et coll. : The role of nutrition in asthma prevention and treatment. Nutrition Reviews, 2020; publication en ligne le 13 mars. doi: 10.1093/nutrit/nuaa005.
Morales E et coll. : Combined impact of healthy lifestyle factors on risk of asthma, rhinoconjunctivitis and eczema in school children: ISAAC phase III. Thorax, 2019. doi:10.1136/thoraxjnl-2018-212668.
Papamichael MM et coll. : The Role of Fish Intake on Asthma in Children: A Meta-Analysis of Observational Studies. Pediatr Allergy Immunol., 2018. doi: 10.1111/pai.12889.

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