Les biberons de complément à la maternité augmentent le risque d’allergie aux protéines de lait de vache

Dans les stratégies de prévention primaire de l’allergie aux protéines du lait de vache, le risque est déterminé par la présence d’antécédents familiaux d’allergie. Les restrictions alimentaires pour la mère, pendant l’allaitement, constituent la base de ces stratégies de prévention. Ces recommandations ont toutefois montré leurs limites, tout comme l’effet préventif de l’allaitement, l’utilisation de certains laits spéciaux, des probiotiques ou des prébiotiques.

Des facteurs non identifiés sont donc probablement en jeu dans l’apparition de l’allergie aux protéines de lait et c’est ce qu’a cherché à évaluer une équipe espagnole par une étude cas-témoins rétrospective.

Les auteurs ont inclus 211 enfants présentant une allergie aux protéines du lait de vache IgE médiée, « appariés » à 211 enfants de même âge et sexe ne présentant pas d’allergie. Ont ensuite été comparés plusieurs paramètres périnatals : durée de l’allaitement, prématurité, antécédents familiaux d’allergie, naissance par césarienne et exposition à de petites doses de protéines de lait de vache lors de l’hospitalisation.

Près de 12 fois plus de risque en cas de césarienne

Concernant l’impact de la durée de l’allaitement sur l’apparition d’une allergie aux protéines de lait de vache, les résultats sont complexes, puisque, comparé à la référence (allaitement de plus de 6 mois), un allaitement de 1 à 4 mois ne modifie pas le risque, alors que des durées inférieures à 1 mois ou entre 4 et 6 mois sont associées à son augmentation.

Le facteur qui semble le plus influent est l’exposition sporadique du nouveau-né à de petites doses de lait de vache, données à la maternité en complément de l’allaitement dans les jours suivant la naissance. Ce facteur multiplie en effet par 5 le risque d’allergie (Odds ratio OR=4,94 ; intervalle de confiance à 95 % IC95 % : 2,68 à 9,08) et par plus de 11 si l’exposition a lieu alors que l’enfant est né par césarienne (OR=11,62 ; IC95 % : 2,84 à 47,50). La prématurité, en revanche, semble être un facteur de protection (OR=0,29 ; IC95 % : 0,09 à 0,92). La surprise vient de ce que dans cette étude, les antécédents familiaux ne paraissent jouer aucun rôle sur le risque d’apparition d’une allergie.

Si ces données se confirment, une modification des recommandations de prévention devrait s’imposer.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Gil F et coll. : Association between Caesarean Delivery and Isolated Doses of Formula Feeding in Cow Milk Allergy. Int Arch Allergy Immunol., 2017; 173: 147-152.

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