Meilleurs résultats des FIV et ICSI avec des pères de moins de 40 ans

A une époque où les couples envisagent de fonder une famille de plus en plus tard, l’âge des partenaires est un sujet « crucial ». De plus en plus souvent les hommes deviennent père après 35 ans. Alors que les capacités reproductrices des femmes diminuent dès la trentaine, l’impact de l’âge paternel est moins bien connu. On sait que l’augmentation de celui-ci est associée à une augmentation du risque de fausse couche et à une moindre qualité des spermatozoïdes,et aussi que le sperme des donneurs âgés est moins fécondant en insémination. L’effet de l’âge du partenaire masculin en procréation médicalement assistée -fécondation in vitro (FIV) ou injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde (ICSI)-reste controversé.

Une étude de cohorte rétrospective, menée entre 1992 et 2017 en Australie, a évalué les 2425 cycles « frais » (sans gamètes congelés)dont avaient bénéficié1506 couples traités pour infertilité inexpliquée. Ces couples souffraient d’une infertilité primaire ou secondaire et avaient euau moins un cycle de traitement par FIVou ICSI. Les hommes avaient un sperme normal selon les critères de l’OMS,et aucun problème de santé ; les femmes n’avaient ni antécédent d’endométriose, d’anomalie des trompes, de syndrome des ovaires polykystiques,ou d’hyperstimulation, et n’étaient pas « mauvaises répondeuses ». Etaient exclus les couples dans lesquels au moins un des partenaires était atteint d’une pathologie génétique.Dans le cadre de ces infertilités inexpliquées, les indications des FIV étaient les échecs des inséminations intra-utérines et celles des ICSI les échecs des FIV.

L’âge moyen des hommes était de 46,6 ans (28 à 78), et celui des femmes 37,1 ans (21 à 48) ; 3/4 des hommes avaient plus de 35 ans. Les cycles de traitement étaient composés de 41,7 % de FIV et de 58,3 % d’ICSI. En moyenne, 7,2 (de 3 à 15) ovocytes avaient été inséminés, et 1,4 embryons transférés. Un seul embryon avait été transféré dans 61,2 % des cycles ; 25,1 % des embryons transférés avaient permis d’obtenir une grossesse clinique et 19,6 % une naissance vivante.

Ne pas trop attendre pour fonder une famille…

Après ajustement sur l’âge de la femme, le nombre de cycles de traitement, le nombre d’embryons transférés, et le nombre d’ovocytes inséminés, chaque année supplémentaire en âge de l’homme s’accompagnait d’une diminution de 4,1 % des chances d’obtenir une naissance vivante, Odds Ratio OR : 0,96 (intervalle de confiance à 95 % IC 0,94-0,98). Chaque année supplémentaire en âge de la femme s’accompagnait d’une diminution de 9,6 % des chances d’obtenir une naissance vivante, OR : 0,90 (0,88-0,93).

Il n’y avait pas d’interaction significative entre l’âge de l’homme et le type de traitement (FIV ou ICSI), le jour du transfert embryonnaire (J3 ou J5-6), ou l’âge maternel.

Après ajustement, la probabilité d’obtenir une grossesse clinique diminuait de 3 % pour chaque année supplémentaire en âge de l’homme et de 8% pour chaque année supplémentaire de la femme, avec une augmentation du risque de fausses couches spontanées de 4,5 % par année supplémentaire de l’homme et de 11,1% par année supplémentaire de la femme.

Les meilleures chances d’obtenir une grossesse vivante étaient observées chez les hommes de moins de 40 ans.Les chances d’obtenir une naissance vivante étaient significativement plus élevées chez les hommes de moins de 50 ans que chez ceux de plus de 50 ans, quelque soit l’âge de la femme (p < 0,01).

Les chances d’obtenir une naissance vivante étaient significativement plus élevées chez les femmes de moins de 40 ans que chez celles de plus de 40 ans, quel que soit l’âge de l’homme.

Comparées aux chances d’obtenir une grossesse vivante avec les hommes de moins de 40 ans, celles avec les hommes entre 50 et 54 ans étaient diminuées de 48%, et de 54 % pour ceux de plus de 55 ans

Cette étude, qui concerne des couples souffrant d’une infertilité inexpliquée dont les hommes ont un sperme « normal », donne une idée plus juste de l’impact de l’âge de l’homme sur la fertilité. Identifier des facteurs modifiables responsables du déclin de la fertilité avec l’âge pourrait permettre de limiter cet effet délétère.

En attendant voilà un argument supplémentaire, s’il en fallait un, pour conseiller aux jeunes couples qui souhaitent fonder une famille de ne pas trop attendre.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Horta F et coll. : Male ageing is negatively associated with the chance of live birth in IVF/ICSI cycles for idiopathic infertility. Human Reproduction, 2019 : 1–10, doi:10.1093/humrep/dez223

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