Molluscum contagiosum : l’état de l’art

Une revue de la littérature présentée par des dermatologues anglais permet de faire le point sur le traitement de cette affection aussi bénigne que fréquente : le Molluscum contagiosum.

Les auteurs rappellent que la prévalence en est de 7 % chez les enfants immunocompétents mais qu’elle est beaucoup plus importante chez les sujets immunodéprimés et particulièrement dans le cadre de l’infection à HIV puisqu’elle est alors de 18 % chez les sujets adultes.

Ces lésions sont aisément reconnaissables car il s’agit de petites papules ombiliquées en leur centre. La dissémination des Molluscums contagiosums se fait par auto-inoculation, par contact direct ou par le biais de « véhicules » qui peuvent être par exemple des objets de toilette.

Les Molluscums contagiosums sont souvent prurigineux et leur évolution, particulièrement chez l’enfant, se fait vers la résolution spontanée dans un délai moyen de 9 mois.

Beaucoup de traitements possibles…

Les traitements classiques sont des produits kératolytiques comme l’acide salicylique, une solution à 10 % de permanganate de potassium, une solution à 16,7 % d’un mélange d’acide salicylique et d’acide lactique. Dans la plupart des cas, ces différents kératolytiques ont une efficacité comparable.
Le peroxyde d’hydrogène dont la forme aqueuse est l’eau oxygénée peut être employé sous occlusion à la concentration de 1 % avec un résultat qui semble favorable.

Les rétinoïdes en solution à 10 % donnent également de bons résultats et il en est de même de l’hydroxyde de potassium que l’on retrouve dans des préparations actuellement  commercialisées en France.

Le nitrate d’argent, l’imiquimod sont également employés de même que la cantharidine qui n’est pas disponible en France.

La cryothérapie peut également être proposée dans cette situation avec un risque de douleurs et un risque cicatriciel.

Le curetage est une méthode ancienne efficace mais qui est souvent mal tolérée.

De façon plus anecdotique, d’autres traitements ont été proposés comme le cidofovir topique, la cimétidine par voie buccale et différentes huiles essentielles.

Au total, de nombreux traitements ont fait l’objet d’essais randomisés dans cette pathologie et que ce soit l’acide salicylique, le permanganate de potassium, l’imiquimod, la cantharidine, le curetage et certaines huiles essentielles, tous semblent efficaces dans cette pathologie. Il en est de même de la photothérapie dynamique.

L’attitude la plus raisonnable à adopter est de recourir à une de ces méthodes en évaluant l’intérêt de l’un ou l’autre de ces traitements en cas d’association pathologique par exemple en cas de condylomes associés à des Molluscums contagiosums.

Dr Patrice Plantin

Référence
Forbat E et coll. : Molluscum contagiosum : review and update on management. Pediatric Dermatol., 2017; 34: 504-15

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Vos réactions (3)

  • Place de l'homépathie

    Le 03 janvier 2018

    On oublie l'homéopathie qui donne des résultats rapides et définitifs et a l'avantage d'éviter les topiques dans les formes étendues.

    Dr Bernard Albouy

  • Pas de littérature sur l'homeopathie

    Le 08 janvier 2018

    L'homéopathie n'est pas oubliée, mais elle n'est pas citée car il n'y a pas de littérature dessus. Les molluscums, comme les verrues de l'enfant disparaissent également sans traitement, ce qui en fait le lit pour tous les remèdes de grand mère.

    Dr Bruno Fourrier

  • Et à l'âge adulte ?

    Le 09 janvier 2018

    Et quand elle (ré)apparaît sous forme diffuse à l'âge adulte ? Des préconisations particulières ?

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