Ne mange pas trop vite !

La majorité des stratégies pour prévenir ou traiter le surpoids et l’obésité est basée sur l’augmentation de l’activité physique, la lutte contre les conduites sédentaires et la promotion et l’adhésion à une alimentation saine. Des études récentes ont montré que l’adiposité et les autres facteurs de risques cardio-métaboliques peuvent aussi être influencés par la rapidité des prises alimentaires et leur fréquence chez les adultes et les adolescents.

Manger rapidement est associé à une augmentation des apports caloriques, de l’IMC, de la prévalence de l’obésité et de certaines perturbations métaboliques. Une explication possible est qu’une vitesse plus lente de mastication et d’ingestion déclenche un signal de satiété qui pourrait limiter les apports alimentaires.

Une étude prospective espagnole conduite dans 7 villes a impliqué des enfants sains âgés de 3 à 6 ans en 2019-2021. La vitesse d’ingestion des aliments a été mesurée par l’interrogatoire des parents (quel temps passe votre enfant pour manger chacun des 3 repas principaux ?). A partir de là, 3 catégories de vitesses ont été déterminées, les lentes, les moyennes et les rapides.

De plus, une échelle standard (Child Eating Behaviour), basée sur un questionnaire validé à variables multiples a complété les données sur le temps consacré à chaque repas (par exemple, mon enfant finit ses repas en plus de 30 mn). La qualité de l’alimentation a été jugée par un questionnaire de 18 items dont 14 faisaient partie du régime méditerranéen. Des diététiciens (-nes) ont évalué les apports caloriques par un questionnaire semi-quantitatif de 125 items. Ces renseignements ont été complétés par les antécédents personnels et familiaux, l’IMC de la mère, le statut socio-professionnel, l’activité physique de l’enfant et les temps de sommeil.

IMC, PA et glycémie plus élevés chez les mangeurs rapides

Après ajustements en fonction des facteurs de confusion possibles, les mangeurs rapides, en comparaison des lents avaient une plus grande prévalence de surpoids/obésité (Odds Ratio OR 2,9 intervalle de confiance à 95 % IC 1,8-4,4 ; P<0,01), de périmètre abdominal plus important (β 2,6 cm IC 2,6 cm IC 1,5-3,8 cm), d’IMC plus élevé (0,3 Kg/m2 IC 0,1-0,5 Kg/m2), de pression artérielle plus haute (β 2,8 mmHg IC 0,6-4,9 mmHg) et de moindre adhésion au régime méditerranéen (β -0,5 points IC -0,9 à -0,1 point). Sur le plan biologique, les taux de glycémies étaient plus élevés (β 2,7 mg/dL IC 1,2-4,2 mg/dL) mais les paramètres lipidiques n’étaient pas significativement différents.

Au total, ces résultats sont en ligne avec les études observationnelles conduites chez les adultes et les enfants asiatiques qui ont montré l’association entre la vitesse d’ingestion des aliments, le poids et le périmètre abdominal et pour certaines avec une pression artérielle plus élevée.

Ainsi, cette étude sur des enfants espagnols a mis en évidence un lien entre une prise alimentaire rapide et une adiposité plus grande, une pression artérielle et une glycémie plus élevées et une adhésion moindre au régime méditerranéen.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Garcidueňas-Fimbres TE et coll. : Associations between eating speed, diet quality, adiposity, and cardiometabolic risks factors. J Pediatr., 2023; 252:31-39. doi: 10.1016/j.jpeds.2022.08.024.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article