No au NO2

Les conséquences pour la santé de concentrations élevées de dioxyde d’azote (NO2) dans l’environnement sont encore discutées. Les travaux publiés ont été revus aux États-Unis par l’Agence de protection environnementale, en 2008 et 2016 et il a été conclu à l’existence d’une relation de causalité entre l’exposition au dioxyde d’azote et l’apparition de troubles respiratoires à court terme. A cette occasion, d’importantes lacunes dans les connaissances ont été mises en évidence et l’on a constaté notamment que les études ne concernaient le plus souvent que des zones géographiques limitées. Cela expliquait le manque de cohérence dans les différentes recommandations pour la qualité de l’air, publiées par les différentes institutions sanitaires.

C’est pourquoi une équipe internationale a entrepris une étude de grande envergure qui a consisté à mesurer, à différentes périodes, les concentrations moyennes en dioxyde d’azote dans l’air ambiant de 398 villes situées dans 22 pays à revenus faibles à élevés. Ces concentrations étaient analysées et rapprochées des taux de mortalité relevés au même moment.

Implication dans la mortalité

L’analyse montre une robuste association entre la mortalité journalière et les concentrations en dioxyde d’azote. En moyenne, une augmentation de la concentration de dioxyde d’azote, de 10 μg/m3 est associée, le jour suivant, à une augmentation de 0,46 % de la mortalité totale, de 0,37 % de la mortalité de cause cardiovasculaire et de 0,47 % de la mortalité de cause respiratoire. Cette relation semble indépendante de l’exposition aux autres polluants atmosphériques, particules fines ou non, ozone, gaz carbonique ou dioxyde de soufre. L’association est linéaire, avec l’absence de seuil détectable, ce qui signifie que le dioxyde d’azote a un impact sur la santé à des niveaux bien inférieurs à ceux préconisés par les autorités sanitaires des différents pays à ceux de l’OMS.

Les auteurs estiment qu’une réduction à zéro de la concentration journalière de dioxyde d’azote réduirait de 1,25 % les décès qui lui sont attribuables, dans les 398 villes incluses dans l’étude. Si ce taux est inatteignable, l’analyse souligne l’importance d’un contrôle rigoureux des émissions de dioxyde d’azote et de limites plus strictes dans les futures recommandations de l’OMS.

Dr Roseline Péluchon

Références
Meng X et coll. : Short term associations of ambient nitrogen dioxide with daily total, cardiovascular, and respiratory mortality: multilocation analysis in 398 cities. BMJ 2021;372:n534. doi.org/10.1136/bmj.n534

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