Où le stress post-traumatique va droit au cœur

De nombreux indices suggèrent que les évènements pourvoyeurs de stress grave ont une responsabilité dans l’apparition des pathologies cardiovasculaires. Les travaux les plus importants sur le sujet sont réalisés à partir de cohortes d’hommes (vétérans américains ou militaires en service actif) et concernent le plus souvent le stress post-traumatique. Il existe toutefois peu d’études sur d’éventuelles différences au niveau des conséquences dans l’immédiat et le long terme, et sur les divers types de maladies cardiovasculaires concernées.

Pour préciser ce point, une équipe suédoise a utilisé les données de plus de 136 000 patients présentant des troubles liés à un stress : syndrome post-traumatique, réaction aigüe à un stress, troubles de l’adaptation ou autres réactions secondaires au stress. Les données ont été comparées à celles de
171 000 frères et sœurs de ces patients, ne présentant pas ces troubles et plus de 1,3 million de personnes formant un groupe témoin.

Sept fois plus d’insuffisances cardiaques

Le suivi de ces cohortes s’étend jusqu’à 27 ans et confirme que les personnes présentant des troubles en lien avec un stress ont un risque supérieur de pathologies cardiovasculaires. Leur incidence est de 10,5 pour 1000 personnes-années chez ces patients, alors qu’elle est de 8,4 pour les frères et sœurs et 6,9 pour le groupe témoin. Le risque le plus élevé concerne l’insuffisance cardiaque, 7 fois plus élevé chez les personnes atteintes d’une pathologie liée au stress en comparaison avec leurs frères et sœurs, pendant la première année suivant le diagnostic et le risque est aussi 5 fois plus élevé pour les troubles de la conduction et 2 fois pour les pathologies hypertensives. Par la suite, la différence de risque s’atténue, allant d’une augmentation de 12 % pour l’arythmie, à un risque 2 fois supérieur pour les thromboses artérielles/embolies.

L’augmentation du risque est particulièrement marquée avant l’âge de 50 ans, concerne autant les femmes que chez les hommes et est indépendante des antécédents familiaux, de la présence d’antécédents personnels psychiatriques ou somatiques et des comorbidités psychiatriques. Les auteurs remarquent l’existence d’une « fenêtre » à risque plus élevé, au cours des 6 mois suivant le diagnostic de pathologie liée au stress.

Ces données plaident pour une surveillance plus étroite des patients récemment diagnostiqués comme ayant un trouble lié au stress, et la mise en place de mesures de prévention.

Dr Roseline Péluchon

Références
Song H et coll. : Stress related disorders and risk of cardiovascular disease: population based, sibling controlled cohort study BMJ 2019; 365: l1255

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