Pas plus de carcinomes hépatocellulaires pour les patients traités par les antiviraux directs pour une hépatite C

Le traitement de l’hépatite C par les anti-viraux actuels d’action directe est remarquablement efficace. Toutefois, certaines études ont suggéré que l’incidence du carcinome hépatocellulaire (CHC) pourrait être augmentée par ces anti-viraux (1). Le risque de CHC chez les patients ayant une réponse virologique durable après traitement (considérés comme guéris) n’est donc pas clairement établi. Cette nouvelle étude a eu pour but d’examiner le risque et les déterminants du CHC chez des patients guéris par les anti-viraux directs (2).

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective des patients ayant une hépatite C traités par les anti-viraux directs dans les 129 hôpitaux de l’Administration des Vétérans aux Etats-Unis au cours de l’année 2015. Les auteurs ont calculé l’incidence annuelle du CHC chez les patients ayant une réponse virale durable et chez ceux n’ayant pas de réponse durable. Ils ont essayé d’identifier les facteurs associés au développement du cancer.

Un risque au contraire significativement réduit pour les patients guéris

Ils ont ainsi inclus 22 500 patients, 19 518 avec une réponse durable et 2 982 sans réponse durable. L’âge moyen est de 61 ans et 39 % ont une cirrhose. Ils ont observé 271 nouveaux cas de CHC, dont 183 chez des patients guéris. Le risque de CHC chez ces patients guéris est significativement moins important (0,90 CHC pour 100 patients-années) que chez ceux qui n’ont pas de réponse virologique durable (3,45 CHC pour 100 patients-années, soit un hazard-ratio de 0,28 en faveur des patients guéris). Sans surprise, ce sont les patients avec cirrhose qui ont le plus de risques de développer un CHC (1,82 CHC pour 100 patients-années, contre 0,34 chez ceux qui n’ont pas de cirrhose). Il s’agit généralement de petits cancers, la taille maximale de la plus grosse lésion étant inférieure à 5 cm dans 75 % des cas.

Cette étude très rassurante conclut donc à une diminution nette du risque ce CHC chez les patients traités par anti-viraux directs pour hépatite C. De par la taille de la cohorte, elle est plus convaincante que beaucoup d’études antérieures. Cependant, le risque de développer un CHC reste élevé chez les patients cirrhotiques, qui doivent par conséquent bénéficier d’un dépistage régulier de ce cancer par une échographie semestrielle.

Pr Serge Erlinger

Références
Reig M, Boix L, Bruix J : The impact of direct antiviral agents on the development and recurrence of hepatocellular carcinoma. Liver Int 2017;37 Suppl 1:136-139
Kanwal F, Kramer J, Asch SM, Chayanupatkul M, Cao Y, El-Serag HB : Risk of Hepatocellular Cancer in HCV Patients Treated with Direct Acting Antiviral Agents. Gastroenterology, 2017 ; publication avancée en ligne le 19 juin. doi.org/10.1053/j.gastro.2017.06.012

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