Peu de transmissions du SARS-CoV-2 dans les écoles primaires

La réouverture des classes après le premier confinement et son maintien alors que la pandémie se poursuivait et donnait lieu à une « 2ème vague » ont fait l’objet de nombreux débats. Les enfants présentent rarement des formes symptomatiques, encore moins de formes graves, mais leur implication dans la transmission du SARS-COV-2 est mal évalué. Leur rôle dans la transmission d’autres infections virales est bien connu, comme la grippe où les enfants sont l’un des principaux vecteurs viraux. Plusieurs pays (Suède, Islande) ont gardé leurs écoles ouvertes pendant les confinements sans constater d’augmentation des cas de Covid-19 chez les enfants.

Plusieurs travaux sont venus depuis confirmer la faible part que semble prendre l’école dans la propagation de l’infection. Les résultats d’une nouvelle étude ont été publiés récemment. Elle a été menée en Angleterre, dans plus de 130 écoles primaires et porte sur plusieurs groupes d’enfants. Les uns ont bénéficié d’un prélèvement nasal hebdomadaire pendant au moins 4 semaines après la réouverture partielle des écoles de juin à mi-juillet 2020 (près de 12 000 participants, élèves et équipes éducatives). Des prélèvements sanguins ont été réalisés en complément dans 45 écoles, à la recherche d’anticorps anti-Sars-CoV-2, traces d’une éventuelle infection, au début du mois de juin et à la fin de juillet, puis à nouveau à la réouverture totale en septembre, et fin novembre jusqu’à mi-décembre.

Trois tests positifs et cinq séroconversions…

Pendant les mois d’été, la surveillance ne relève qu’un très faible taux d’infections dans ces écoles primaires. Sur les 40 501 tests PCR réalisés sur près de 12 000 participants, seulement 3 se sont révélés positifs au SARS-CoV-2. Le taux de séropositivité au moment de la réouverture était de 11,2 % chez les enfants et de 15,1 % dans les équipes éducatives, taux équivalents à ceux rencontrés au niveau local dans la population, et indépendants de la fréquentation ou non de l’école pendant le confinement (enfants de soignants et d’autres parents ayant continué à travailler pendant celui-ci). La séropositivité des personnes appartenant aux équipes éducatives est sans relation avec le degré de contact avec les enfants. Seulement 5 séroconversions ont eu lieu pendant la période scolaire d’été, parmi les enfants et l’équipe. Enfin, en décembre 2020, 5,1 % des personnes négatives en juin étaient séroconverties (5,6 % des élèves et 4,8 % des personnes appartenant aux équipes éducatives).

Cette étude confirme que, dans des conditions d’application des mesures sanitaires, la propagation du SARS-CoV-2 dans les écoles est très faible. Ce constat est à mettre en perspective avec les effets indésirables de la fermeture de classes sur le bien-être physique, social et psychologique des enfants.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Ladhani SN et coll. : SARS-CoV-2 infection and transmission in primary schools in England in June–December, 2020 (sKIDs): an active, prospective surveillance study. Lancet Child Adolesc Health, 2021 ; Publication avancée en ligne le 16 mars. doi.org/10.1016/S2352-4642(21)00061-4

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Vos réactions (8)

  • Question au rédacteur

    Le 22 mars 2021

    L'article précise-t-il, ou avez-vous cette information, si les enfants de ces écoles étaient tenus de porter un masque ou non ?
    Je m'interroge en effet sur l'intérêt réel de cette contrainte de taille pour nos enfants (et pour les parents qui doivent les acheter, les laver, les préparer dans les cartables, 2 par jour, tous les soirs, en plus de toutes les autres charges mentales du quotidien).

    Dr A. Pipet

  • Ça c’était avant

    Le 22 mars 2021

    Mais depuis l’apparition du variant anglais on assiste à une augmentation considérable des contaminations sur le lieu scolaire...

    Dr Philippe Fournol

  • Qu'en est-il dans les collèges et les lycées ?

    Le 22 mars 2021

    On sait donc déjà que la vaccination des enfants des écoles primaires n'a pas beaucoup d'intérêt.
    Dans l'idée de vacciner en priorité, non seulement les contaminés fragiles, mais surtout les contaminants.

    Dr Albert Brenner

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