Plus longue la vie grâce au traitement hormonal de la ménopause

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est un traitement efficace des symptômes de la ménopause, qui de plus diminue les risques d'ostéoporose et de pathologie cardiovasculaire, et améliore la qualité de vie des femmes ménopausées. En revanche, de nombreuses études ont montré qu'il pouvait augmenter le risque de cancer du sein et de cancer de l'endomètre.

Les travaux qui se sont intéressés à l'influence du THM sur la survie globale des femmes ménopausées ont donné des résultats parfois discordants, et comportaient souvent de nombreux biais, comme celui faisant que les femmes traitées étaient souvent en meilleure santé que les femmes non traitées.

Une étude de cohorte rétrospective, menée au Royaume Uni entre 1984 et 2017, a évalué l'effet du THM œstrogénique ou combiné (œstro-progestatif) sur la survie globale de femmes en "bonne santé".

Les femmes sélectionnées étaient admises dès la première prescription de THM œstrogénique ou combiné, traitement débuté entre 46 et 60 ans. Dans un même temps, elles étaient appariées à 2 ou 3 femmes témoins du même âge. Etaient exclues les femmes qui avaient des antécédents de pathologies graves : cancer, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale, démence, et insuffisance ovarienne prématurée. Ces femmes étaient nées entre 1921 et 1960. Celles qui étaient traitées avaient débuté leur traitement entre 1984 et 2016.

Dans cette cohorte ont été incluses 105 199 femmes qui avaient suivi un THM (cas) et 224 643 femmes qui n'avaient pas été traitées (témoins). L'âge moyen lors de l'initiation du THM était de 53 ans (± 5,02), et la durée moyenne du traitement était de 6 ans (± 4,8). Dix-sept pour cent des femmes traitées avaient reçu un traitement œstrogénique, et 83 % un traitement combiné.

L'état de santé initial des deux groupes était comparable, mais il y avait davantage de femmes hystérectomisées, ovariectomisées ou ostéoporotiques dans le groupe traité, et plus de femmes obèses dans le groupe témoin. Plus de la moitié des participantes des deux groupes avaient un bon niveau socio-économique.

L'étude a duré 32 ans, le suivi moyen des participantes a été de 13,5 ans (± 7,0). Durant le suivi,21 751 femmes sont décédées, 6 329 (6 %) dans le groupe THM et 15 442 (7 %) dans le groupe témoin, soit 44 décès /10 000 AF dans le groupe THM, et 63 décès /10 000 AF dans le groupe témoin.

Diminution de la mortalité et du risque d’ostéoporose sous THM combiné

Le risque de décès au cours du suivi est apparu plus faible chez les femmes traitées par un THM combiné que chez les femmes non traitées : Hazard Ratio HR = 0,91 (intervalle de confiance à 95 % IC95 0,88-0,94).

Il était équivalent chez les femmes traitées par un THM œstrogénique et chez les femmes non traitées : HR = 0,99 (IC95 0,93-1,07).

Ces risques variaient peu avec l'âge de début du THM, sauf dans le sous-groupe 46 et 50 ans : pour le THM combiné, HR = 0,98 (IC95 0,92-1,04), et pour le THM œstrogénique, HR = 1,01 (IC95 0,84-1,21).

Dans les deux groupes (femmes traitées, femmes témoins), l'HTA était un facteur de risque de mortalité majeur, tout comme le fait de fumer ou de vivre dans un environnement défavorisé.

La prévalence de l'HTA était de 10 % plus élevée chez les femmes traitées par un THM œstrogénique que chez les femmes non traitées. Les femmes sous THM développaient moins de diabète de type 2.

Après plus 10 ans de suivi, les femmes non traitées ou traitées par un THM œstrogénique développaient plus souvent une insuffisance cardiaque. Les femmes traitées par un THM œstrogénique ou combiné développaient plus de cancers du sein que les femmes non traitées, et cette proportion était légèrement plus élevée chez celles qui avaient pris un traitement combiné. Après plus de 10 ans de suivi, le risque d’avoir développé une ostéoporose était moindre pour les femmes traitées par un THM.

Jusqu'à 18 ans de suivi, le risque de développer une démence était identique chez les femmes traitées et celles qui ne l'étaient pas, mais après 18 ans, ce risque augmentait chez les femmes qui avaient pris un THM œstrogénique.

Les femmes traitées par un THM œstrogénique ou combiné ont reçu des traitements très différents les uns des autres, quant aux hormones utilisées, aux doses administrées, aux voies d'administration des œstrogènes et à leur durée de prise, dont l'étude ne peut malheureusement pas nous rendre compte.

Cette étude montre comme d'autres avant elle que les femmes qui ont suivi un THM ont un risque de mortalité diminué. La diminution de ce risque est d'une ampleur moindre que ce qui avait été trouvé précédemment, peut-être parce qu'elle a sélectionné des groupes de femmes d'un état de santé comparable.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Akter N et coll. : The effect of hormone replacement therapy on the survival of UK women : a retrospective cohort study 1984-2017. BJOG 2022 ; 129(6) : 994-1003 doi: 10.1111/1471-0528.17008.

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