Plus-value de l’infirmière dans la prise en charge des patients hypertendus

Le 29 septembre dernier, l’OMS organisait la « journée internationale du cœur » destinée à sensibiliser les populations vis-à-vis de la prévalence des maladies cardio-vasculaires, responsables de 17,7 millions de décès par an (représentant 31 % du total de décès annuels à l’échelle mondiale).
Parmi les facteurs de risques cardiovasculaires, il en est un bien connu et de plus en plus répandu : l’hypertension artérielle (HTA).
Alors que l’arsenal pharmacologique permet aujourd’hui un traitement efficace de la maladie hypertensive, la prise en charge des patients souffrant de cette affection s’inscrit dans une démarche globale incluant un aspect éducationnel primordial.

Des infirmières pour améliorer l’observance

Une étude chinoise s’est appliquée à montrer l’efficacité d’un programme de gestion de la maladie hypertensive mené par des infirmières exerçant dans un centre de soins de proximité urbain.
Dans cette étude randomisée menée en simple aveugle, deux groupes de patients ont été étudiés, le groupe intervention (n = 67) et le groupe contrôle (n=67). Les personnes recrutées pour cette étude souffraient toutes d’hypertension essentielle non-équilibrée. Les critères d’exclusion étaient l’HTA secondaire, une maladie grave en phase terminale, la grossesse et l’allaitement. Par ailleurs, Les caractéristiques socio-démographiques des patients étaient sensiblement les mêmes dans les deux groupes.

Les patients du premier groupe bénéficiaient du programme de gestion de l’hypertension artérielle pendant une durée de 12 semaines alors que ceux du groupe contrôle suivaient la prise en charge habituelle. Le suivi des patients était assuré par une équipe de quatre infirmières spécifiquement formées à la problématique de l’hypertension artérielle. Ces infirmières assuraient des visites éducatives au domicile des patients, des entretiens téléphoniques bi-hebdomadaires ainsi qu’un suivi des chiffres de la pression artérielle des patients, renvoyant ces derniers vers une consultation médicale si nécessaire (élévation importante des chiffres tensionnels sans causes immédiates identifiables).

Les auteurs de l’étude ont procédé à l’évaluation de différents marqueurs à trois reprise : lors de l’inclusion dans l’étude (T0), à la fin de l’étude (T12) et quatre semaines après l’étude (T16). Ces marqueurs consistaient notamment en la réduction des chiffres de la pression artérielle (mesurée à deux reprises à l’aide d’un sphygmomanomètre et d’un stéthoscope) et le degré de l’adhésion du patient aux mesures pharmacologiques et non-pharmacologiques concourant à la stabilisation de sa pression artérielle.

Des résultats encourageants !

Au final, les statistiques fournies par les auteurs montrent une réduction significative de la pression artérielle des patients entre T0 et T12. Ainsi, concernant la pression artérielle systolique (PAS), celle-ci diminue de 14,37 points (DS moyenne : 20,06, p < 0,003) chez les patients du groupe intervention alors que pour les patients du groupe contrôle la PAS baisse de 5,10 points (DS moyenne : 15,17, p < 0,003).

La pression artérielle diastolique (PAD) diminue quant à elle de 7,43 points (DS : 9,08, p < 0,002) dans le groupe étude contre 2,69 points (DS : 7,79, p < 0,002) dans le groupe contrôle.

Par ailleurs, les auteurs soulignent que l’observance des patients à leur traitement médicamenteux et leur adhésion aux mesures hygiéno-diététiques est plus forte dans le groupe intervention.

A l’heure où le coût humain et économique imputable aux maladies cardiovasculaires à l’échelle mondiale a été clairement identifié et que la pénurie en médecins se fait de plus en plus pressante, cette étude amène des éléments de réflexion concernant l’investissement des infirmières dans la prise en charge des maladies chroniques.

Maxime Sassalle

Référence
Zhu X et coll. : Development and evaluation of a nurse-led hypertension management model : A randomiezd control trial. Int J Nurs Stud., 2018; 77 : 171-178. doi.org/10.1016/j.ijnurstu.2017.10.006

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