Pollution et arythmie, les PM 2,5 matter…

Les particules fines, caractérisées par leur diamètre aérodynamique ≤2,5 µm et désignées par l’abréviation PM2,5, en suspension dans l’air ont été associées à de nombreuses pathologies cardiovasculaires ou pulmonaires. Elles sont considérées comme un facteur de risque sanitaire important et selon l’OMS, elles tueraient plus de quatre millions d’individus par an. L’exposition chronique à ces matières particulaires ou particulate matter (PM) est donc un facteur de surmortalité, mais l’on ne sait pas encore tout sur leur dangerosité alors que l’actualité quotidienne rappelle sans cesse les méfaits de la pollution atmosphérique.

Des patients à haut risque

Dans ce cadre, les résultats d’une étude épidémiologique étatsunienne viennent d’être publiés dans Circulation. L’objectif en était d’évaluer les effets de la pollution atmosphérique ainsi que de l’exposition aux radiations ionisantes sur l’incidence de l’arythmie ventriculaire au sein d’une population particulièrement à risque puisqu’il s’agissait de 176 patients porteurs d’un défibrillateur automatique à double chambre, implanté entre septembre 2006 et juin 2010. L’exposition quotidienne aux PM2,5 a été déterminée à partir du lieu de résidence à l’aide d’un modèle prédictif validé et basé sur une matrice composée de cellules unitaires d’un kilomètre de côté soit une résolution dans l’espace d’un kilomètre.

L’exposition aux radiations ionisantes, pour sa part, a été estimée à partir du comptage des grosses particules β effectué en plusieurs sites des Etats-Unis dans le cadre de l’US Environmental Protection Agency's monitoring network, étant entendu que cette approche n’évalue que très partiellement la radioactivité ambiante…

Un effet indépendant

Au total ont été dénombrés 1 050 épisodes d’arythmie ventriculaire chez 91 patients, dont 123 cas d’arythmie soutenue pour 25 d’entre eux. Pour l’exposition quotidienne aux PM2,5, chaque saut d’un quartile par rapport à la moyenne sur les 21 jours précédents (de l’inférieur vers le supérieur) a été associé à un risque d’arythmie ventriculaire majoré de 39 % (intervalle de confiance à 95 %, 12 %-72 %). En ce qui concerne la radioactivité, chaque saut d’un quartile par rapport à la moyenne sur deux jours, conduisait à un risque majoré de 13 % (IC 95 %, 1 %-26 %).

Dans les deux cas de figure, c’est l’exposition quotidienne qui a été prise en compte.

Si l’on examine les effets conjoints des deux polluants ensemble, les résultats sont voisins pour l’exposition aux PM2,5 avec un surrisque de 48 % à chaque saut de quartile (IC 95 %, 15 %-90 %), mais avec la radioactivité c’est l’inverse qui est observé, avec une diminution de 10 % du risque d’arythmie (IC 95 %, -29 % à 14 %). Autrement dit, les particules radioactives protégeraient des effets induits par les PM2,5.

Ainsi, selon cette étude, l’exposition à des concentrations élevées de PM2,5 est associée à un risque élevé d’arythmie ventriculaire, la fenêtre de mesure étant de 21 jours avant la survenue du trouble du rythme chez des patients à très haut risque puisque tous porteurs d’un défibrillateur automatique. Le risque en question serait indépendant de l’exposition à la radioactivité ambiante qui aurait même tendance à le réduire. Résultats à confirmer…

Dr Catherine Watkins

Référence
Peralta AA et coll. : Exposure to Air Pollution and Particle Radioactivity With the Risk of Ventricular Arrhythmias. Circulation 2020;142(9):858-867. doi: 10.1161/CIRCULATIONAHA.120.046321.

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Vos réactions (1)

  • Sur quelle planète sommes-nous ?

    Le 16 septembre 2020

    Pollution par PM 2,5 et arythmie = 2,5 millions de morts/an. Et on nous bassine avec la Covid-19 ?
    Sur quelle planète sommes-nous ?

    De P. Pizard

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