Possibles effets mentaux des réseaux sociaux à l’adolescence

Réalisée aux États-Unis sur 6 595 participants (âgés de 12 à 15 ans au début de l’enquête, avec 51,3 % de garçons), une étude de cohorte longitudinale recherche, de façon prospective, l’influence de l’usage quotidien des médias sociaux par les adolescents sur d’éventuels problèmes de santé mentale, « intériorisés ou extériorisés. » Les informations recueillies (lors de 3 vagues de collectes de données, échelonnées entre 2013 et 2016) portent notamment sur le temps consacré aux médias sociaux (déclaré par le jeune lui-même), pendant une « journée typique », avec cinq plages horaires possibles :

– aucun temps ;
– durée ≤ 30 minutes ;
– de > 30 minutes à ≤ 3 heures ;
– de > 3 heures à ≤ 6 heures ;
– ou > 6 heures.

Dans les analyses non ajustées, comparativement à l’absence d’utilisation des médias sociaux, passer quotidiennement plus de 30 minutes sur ces réseaux sociaux « est associé à un risque accru d’intérioriser les problèmes », avec un accroissement progressif des risques relatifs (OR) observés (intervalle de confiance à 95 %) :

– Pour une durée ≤ 30 minutes : OR = 1,30 [0,94–1,78] ;
– Pour une durée de > 30 minutes à ≤ 3 heures : OR = 1,89 [1,36–2,64] ;
– Pour une durée de > 3 heures à ≤ 6 heures : OR = 2,47 [1,74–3,49] ;
– Pour une durée supérieure à 6 heures : OR = 2,83 [1,88–4,26].

Plus de trois heures par jour, près de trois fois plus de risque

Mais dans les analyses ajustées, l’usage intensif des médias sociaux pendant plus de 3 heures par jour reste, par rapport à l’absence d’utilisation, « significativement associé aux seuls problèmes intériorisés » (OR variant de 1,60 [1,11–2,31] pour un usage entre 3 et 6 heures) à 1,78 [1,15–2,77] pour un usage supérieur à 6 heures par jour). Cette enquête prospective confirme ainsi qu’une fréquentation excessive des médias sociaux (pendant plus de 3 heures par jour) expose les adolescents « à un risque accru de problèmes de santé mentale, en particulier de difficultés intériorisées. » Les auteurs estiment que des recherches ultérieures devraient désormais déterminer si fixer des limites à l’utilisation quotidienne des médias sociaux ou  si la refonte des plateformes de ces sites peuvent constituer des moyens efficaces de réduction du risque psychiatrique à l’adolescence.

Dr Alain Cohen

Référence
Riehm KE et coll.: Associations between time spent using social media and internalizing and externalizing) problems among US youth. JAMA Psychiatry, 2019; 76: 1266–1273.

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