Quelle place pour l’imagerie dans le diagnostic de la dépression ?

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses études d’imagerie cérébrale ont été publiées dans la dépression, avec pour objectif de déterminer ce qui différencie les cerveaux des patients déprimés de ceux des sujets sains.  Les résultats les plus contributifs sont retrouvés en IRM (que ce soit en IRM structurale, fonctionnelle, de repos, ou encore en imagerie par tenseur de diffusion, ou DTI), si bien qu’il apparaît envisageable d’identifier uniquement à l’aide de l’imagerie les patients atteints de dépression. Jusqu’à présent, ce diagnostic repose sur des critères cliniques et en pratique l’utilisation de l’imagerie se heurte encore à l’hétérogénéité des résultats retrouvés. De plus, on ne sait pas quelle technique d’imagerie privilégier, ou encore quel outil statistique employer. Kambeitz et al. proposent dans Biological Psychiatry une méta-analyse basée sur 33 études publiées depuis 2008 évaluant l’utilisation diagnostique de l’imagerie dans la dépression.

Plus utile pour prédire la réponse au traitement ou dépister une bipolarité

Au total, l’ensemble de l’échantillon correspond à 912 patients comparés à 894 sujets sains. En prenant en compte l’ensemble des modalités d’imagerie, on retrouve une sensibilité de 77 % et une spécificité de 78 %. L’imagerie par tenseur de diffusion et l’IRM fonctionnelle de repos apparaissent comme les techniques les plus précises, avec une sensibilité et une spécificité de 88 et 92 % pour le DTI et 85 et 83 % pour l’IRMf de repos (pas de différence significative). 

Bien qu’ils soient encourageants, de tels résultats ne permettent pas d’utiliser l’imagerie cérébrale pour le diagnostic de dépression au quotidien (avec environ 25 % de mauvais diagnostic). Mais l’intérêt principal de ces recherches est ailleurs. En effet, l’imagerie cérébrale ne serait pas d’une grande utilité dans le diagnostic positif ou le dépistage de la dépression (qui peut se faire cliniquement à bien moindre frais) mais plutôt dans le développement de techniques permettant de prédire la réponse aux traitements, ou encore de déceler les troubles bipolaires chez les patients présentant un épisode dépressif.

Dr Alexandre Haroche

Référence
1. Kambeitz J, Cabral C, Sacchet MD, Gotlib IH, Zahn R, Serpa MH, et coll. : Detecting Neuroimaging Biomarkers for Depression: A Meta-analysis of Multivariate Pattern Recognition Studies. Biol Psychiatry. 2017; 82:330-8.

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