Qui reste à risque de forme sévère de Covid-19 malgré la vaccination ?

En France, à la fin du mois de juillet 2021, les admissions en soins critiques étaient 12 fois moins nombreuses parmi la population totalement vaccinée en comparaison avec les personnes non vaccinées. Si la vaccination contre la Covid-19 a réduit de façon importante le risque de présenter une forme sévère, il persiste toutefois un risque résiduel.

Pour identifier les facteurs associés à ce risque, une équipe française a mis en parallèle les données de la base de vaccination VAC-SI et celles du SNDS (Système National des Données de Santé). Toutes les personnes complètement vaccinées au 31 juillet 2021, c’est-à-dire ayant 2 doses de vaccin ou 1 dose en cas d’infection confirmée par le SAR-CoV-2, ont été incluses, soit plus de 28 millions d’individus. Le suivi moyen est de 80 jours, pendant lesquels 5347 personnes ont été hospitalisées pour Covid-19 et 996 sont décédées à l’hôpital.

Un risque résiduel chez les plus fragiles

Comme attendu, en analyse multivariée, le risque le plus élevé est retrouvé chez les personnes âgées, les hommes et dans les catégories socioéconomiques défavorisées. La quasi-totalité des 47 maladies chroniques identifiées sont associées à un risque élevé d’hospitalisation et à un surrisque de décès. Le risque le plus élevé est associé à un antécédent de greffe de rein, de greffe pulmonaire, à une insuffisance rénale terminale en dialyse, à la mucoviscidose, à la trisomie 21, à une pathologie mentale ou au cancer pulmonaire. Le risque augmente avec le nombre de comorbidités.

Enfin, la prise d’immunosuppresseurs ou de corticostéroïdes est aussi un facteur de risque d’hospitalisation ou de décès malgré la vaccination et explique en grande partie le risque présent pour les transplantés d’organes ou ceux présentant des maladies inflammatoires chroniques.

En conclusion, si la vaccination a réduit de façon très importante le risque de survenue de formes sévères de Covid-19, un risque résiduel persiste chez les personnes âgées, les immunodéprimés et les personnes présentant plusieurs comorbidités. Les mesures de prévention doivent être maintenues pour ces patients. Des stratégies spécifiques de vaccination sont recommandées (doses supplémentaires, prophylaxie par anticorps monoclonaux) ou à l’étude (vaccination hétérologue ou doses augmentées).

Dr Roseline Péluchon

Référence
Semenzato L, Botton J, Drouin J, et al. Characteristics associated with the residual risk of severe COVID-19 after a complete vaccination schedule: A cohort study of 28 million people in France. Lancet Reg Health Eur. 2022 Aug;19:100441. doi: 10.1016/j.lanepe.2022.100441. Epub 2022 Jun 30. PMID: 35789881; PMCID: PMC9243470.

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Vos réactions (7)

  • Une autre conclusion ?

    Le 15 juillet 2022

    Vous venez de décrire la population de patients qui est majoritaire dans les salles d'attente des établissements de soins, les hôpitaux et les ephad. Cela, certains l'ont évoqué en début de crise en osant user de la dénomination de syndémie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndémie). Ce qui permettrait enfin d'avancer, semble encore être à l'étude ici, ou là (exemple : https://toutelathailande.fr/news/la-thailande-va-lancer-un-spray-nasal-anti-covid-19-en-septembre/ ). Est-il possible d'émettre un souhait : ou en sont les projets de vaccins nasaux , exemple européens et qu'est-ce qui justifie ce délai aussi long ?
    ps : je précise que, non vacciné , je suis en attente et volontaire pour cette technologie qui, elle, est basée sur de la science ...

    Dr Bertrand Carlier

  • De la science ?

    Le 15 juillet 2022

    Je suis un peu surpris, cher confrère par votre conclusion, "basée sur de la science, elle" ? Dois-je en conclure que les vaccinations à base d'ARN ne sont pas basées sur de la science ? Que mes connaissances sur les ARN font partie de l'occultisme ?

    N'importe quel étudiant en biologie pourrait expliquer que le schéma de vaccination à partir d'ARNm est simple, une recherche un peu plus avancée montrerait aussi que ce sont les difficultés techniques de réalisation d'ARNm stable et de son administration qui ont retardé les applications.

    Quant aux vaccins per-nasaux je n'en vois guère qui soient en cours d'utilisation. Je peux bien sûr me tromper, et serais facilement convaincu par une démonstration objective de leur efficacité, en particulier contre SARS Cov2...

    Dr Gérard Mauco

  • Réinfection malgré la vaccination

    Le 15 juillet 2022

    Ayant eu la première forme, sévère (troubles du rythme, fièvre, myalgies, faiblesse musculaire, symptômes abdominaux) en mars 2020, suivie de 6 mois d'intense fatigue, j'ai suivi les recommandations vaccinales (3 Pfizer en 2021, chaque dose ayant pour quelques jours réactivé les symptômes), j'ai néanmoins eu Omicron début février 21, avec troubles du rythme et troubles digestifs suivis de perte de poids. Fin mars, bis répétita...avec de surcroît arthralgies et fatigue ++ dont je n'arrive pas à me remettre. Sans co-morbiditié à priori, si ce n'est une ablation de calcul vésical, et hélas une hyperthyroidie réactionnelle a l'iode IV lors d'un scanner. 3 mois après, toujours intense fatigue...

    Dans ces conditions, je refuse 2ème rappel (ciblant la 1ère souche) par crainte de réactivation de symptômes.
    A priori, ni le fait d'avoir eu 2 fois covid, ni les vaccins ne m'ont mis a l'abri d'une 3ème infection avec signes de covid long....

    Moi qui croyais en la science...

    Pr émérite André Muller (73 ans)

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