Rééducation après arthroplastie du genou, c’est aussi bien à la maison ?

Après une arthroplastie du genou, 20 % environ des patients ne sont pas satisfaits du résultat. La kinésithérapie est importante pour la récupération fonctionnelle, mais ses modalités varient à travers le monde. Dans certains pays, la kinésithérapie ne dure que les quelques jours de l’hospitalisation, ailleurs elle est réalisée dans des centres spécialisés ou au contraire à domicile, etc., sans que des recommandations internationales précises aient établi la méthode assurant la meilleure évolution.

Il se pourrait que certains patients aient besoin d’une prise en charge plus personnalisée. Pour le savoir, une équipe du Royaume-Uni a réalisé un essai randomisé incluant 334 participants, 6 semaines après une arthroplastie du genou, et considérés comme de mauvais pronostic d’après le score d’Oxford. Une partie des patients (n = 163) ont bénéficié d’une rééducation personnalisée, supervisée par un kinésithérapeute, les autres (n = 171) d’un protocole de rééducation à suivre à domicile. Le rythme des séances était dans les deux cas de 3 par semaines pendant 6 semaines. Le critère principal était le score d’Oxford à 52 semaines, avec une différence entre les deux groupes considérée comme significative à partir de 4 points.

Pas de différence significative avec ou sans kiné

A la fin de ce délai, la différence dans le score d’Oxford est de 1,91 point en faveur de la rééducation personnalisée et dirigée par le kinésithérapeute, inférieur donc au seuil de significativité fixé. Le degré de satisfaction générale n’est pas non plus différent dans les deux groupes. Notons toutefois qu’un an après l’intervention, les patients ayant bénéficié de la supervision d’un kinésithérapeute sont plus satisfaits en ce qui concerne les douleurs et sur leur capacité à entreprendre des activités physiques.

Les raisons pour lesquelles certains patients ne récupèrent pas parfaitement après une arthroplastie du genou ne sont pas bien connues. La kinésithérapie pourrait en fait n’avoir qu’un rôle marginal sur les causes initiales d’une mauvaise récupération, par exemple des limitations fonctionnelles en lien avec le positionnement de l’implant ou des facteurs per-opératoires non modifiables quelle que soit la prise en charge. Des facteurs propres aux patients, comme les co-morbidités, des déficits musculaires ou une attitude particulière vis à vis de la santé peuvent aussi influer négativement sur l’efficacité de la rééducation.

Dr Roseline Péluchon

Références
Hamilton DF et coll. : Targeting rehabilitation to improve outcomes after total knee arthroplasty in patients at risk of poor outcomes: randomised controlled trial. BMJ 2020; 371: m3576. doi.org/10.1136/bmj.m3576

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