SAOS, HTA et infarctus cérébraux silencieux

La prévalence du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) apparaît très élevée chez les patients atteints d’une HTA essentielle. Par ailleurs, le SAOS est souvent associé à des facteurs de risque cardiovasculaire qui interviennent dans la pathogénie de la maladie cérébrovasculaire, mais il active aussi des mécanismes multiples capables d’aggraver cette dernière et de favoriser ses complications, notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC), tout autant que les infarctus cérébraux silencieux (ICS).

Une étude transversale de type cas-témoins a précisé les liens entre ces entités, en estimant la prévalence du SAOS chez des hypertendus présentant ou non des stigmates d’ICS sur l’IRM cérébrale. L’objectif était aussi d’évaluer le rôle du SAOS en tant que facteur de risque indépendant associé à la survenue d’ICS lacunaires ou non en cas d’HTA sous-jacente. En pratique, chaque cas d’ICS a été apparié à deux témoins indemnes de cette anomalie en IRM. La sévérité du SAOS éventuel a été évaluée au moyen de l’index d’apnées et d’hypopnées (IAH) mesuré au cours d’un enregistrement polysomnographique. Un SAOS a été jugé sévère dès lors que l’IAH était >30.

Davantage d’infarctus cérébraux lacunaires en cas de SAOS sévère

Au total, l’étude a inclus 183 patients hypertendus (dont 72,1 % d’hommes), répartis en 2 groupes, selon l’existence (ICS+, n = 61) ou non (ICS -, n = 122) de signes d’ICS sur l’IRM. L’âge moyen des participants a été estimé à 64,1 ± 4,5 ans. Au sein de cet effectif, la prévalence des formes sévères de SAOS atteignait 44,3 % dans le groupe ICS+, versus 38,5 % dans le groupe témoin (ICS-). La comparaison intergroupe dans le cadre d’une analyse par régression logistique conditionnelle n’a révélé aucune augmentation significative du risque d’ICS en cas de SAOS sévère (odds ratio, OR = 1,362; intervalle de confiance à 95 %, IC: 0,659-2,813; p = 0,404). Chez 43 patients du groupe ICS+ (70,5 %), il s’agissait d’infarctus lacunaires. Dans ce sous-groupe, la prévalence du SAOS s’est avéré plus élevée que dans celui défini par l’absence d’infarctus lacunaires, soit 55,8 % versus 35,7 %, p=0,019), l’association étant indépendante des autres facteurs de risque sur la base d’une analyse par régression logistique avec ajustement, avec un OR estimé à 2,177 (intervalle de confiance à 95 % : 1,058-4,479; p= 0,035).

En bref, cette étude transversale de type cas-témoins confirme la prévalence élevée du SAOS dans ses formes sévères chez les patients hypertendus. Par ailleurs, elle plaide en faveur d’une association entre SAOS sévère et ICS lacunaire, a priori indépendamment des autres facteurs de risque, ce qui reste tout de même à confirmer.

Dr Philippe Tellier

Référence
Alvarez-Sabín J et coll. Obstructive sleep apnea and silent cerebral infarction in hypertensive individuals. J Sleep Res., 2017 ; publication avancée en ligne le 20 juin. doi: 10.1111/jsr.12571.

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