Se recentrer sur les déterminants sociaux de la santé mentale

L’idée d’un « effet majeur » des facteurs sociaux sur la santé humaine remonte à la Grèce antique, rappelle JAMA Psychiatry. Toutefois, précisent les auteurs, il a fallu attendre la fin du XXème siècle pour la reconnaissance officielle de ce lien, avec la publication de la première édition d’un document de l’OMS à ce sujet (Social determinants of health, the solid facts : Déterminants sociaux de la santé, les faits concrets)[1].

Définis comme les contextes où les gens « naissent, vivent, apprennent, travaillent, se distraient », ces déterminants sociaux sont susceptibles d’affecter « la santé, le fonctionnement et la qualité de vie » des sujets concernés.

Plusieurs critères contribuent à ce déterminisme social en matière de santé, et notamment de santé mentale : développement de la petite enfance, éducation, opportunités d’emploi, revenus, facteurs de discrimination (ethnique ou autre), logement, disponibilité des transports, environnement (en particulier qualité de l’air et de l’eau), et « accès à des soins de santé abordables et de qualité. »

En raison d’une aggravation des disparités sociales en matière d’accès aux soins, notamment dans les populations où le racisme est endémique, la récente pandémie de Covid-19 a souligné un besoin critique de se recentrer sur les déterminants sociaux de la santé.

Par chance, constatent les auteurs, il existe désormais « une prise de conscience croissante des objectifs humanistes et mondiaux de développement durable. »

Recherche d’un modèle pour le reste du monde

Exemple d’innovation positive : le récent « crédit d’impôt pour enfants » (child tax credit) aux États-unis a permis de réduire la pauvreté des enfants de 50 %. Les auteurs estiment qu’une pérennisation de ce dispositif (sous forme d’un « crédit permanent ») pourrait sans doute améliorer considérablement la santé physique et mentale des enfants tout au long de leur vie [2].

Autres pistes de progrès médico-sociaux : la promotion des « droits » en matière de psychiatrie et celle de « l’épidémiologie sociale, de politiques et pratiques axées sur le rétablissement (recovery-oriented practice) et l’essor du partenariat communautaire (community partnering).

Globalement, il devient important pour le système de santé (américain) de « commencer à intégrer les déterminants sociaux de la santé mentale à tous les niveaux de son fonctionnement. Avec l’ambition qu’un effort conjoint de tous les acteurs concernés par la prise en charge des patients puisse, à terme, transformer l’actuel système de soins de santé mentale défaillant en un modèle pour le reste du monde ».

Dr Alain Cohen

Référence
Jeste DV ; Pender VB : Social determinants of mental health. Recommendations for research, training, practice, and policy. JAMA Psychiatry; 2022, 79(4): 283–284.

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