Sepsis néonatal : un accord presque parfait

Le sepsis est une cause non négligeable de décès néo-natal. Sa fréquence se situerait entre 0,5 et 8 pour 1 000 naissances. La prématurité, l’immaturité immunologique en sont les premières causes, ainsi que, pour les enfants hospitalisés, la présence d’un cathéter veineux central ou la ventilation mécanique. C’est pourquoi une antibiothérapie empirique est souvent prescrite pour les nouveau-nés hospitalisés.

Les sepsis néo-natals sont divisés en sepsis précoces, survenant dans les premières heures ou premiers jours suivant la naissance, et sepsis tardifs. La définition des deux catégories varie selon les études. Les pathogènes responsables ne sont pas les mêmes selon le moment d’apparition du sepsis, et les germes responsables du sepsis précoce sont plutôt mieux caractérisés que ceux du sepsis tardif.

Dans une mise au point récente, réalisée par une équipe australienne, le sepsis précoce est défini comme survenant au cours des 2 premiers jours. Les données ont été recueillies entre janvier 2014 et décembre 2018. Au total 415 prescriptions, concernant 214 nouveau-nés ont été analysées. La majorité des enfants ont moins de 7 jours (82,4 %), et parmi ceux-ci le sepsis est précoce dans 71 % des cas. Le poids médian des enfants est de 2,9 kg.

Harmoniser les posologies et les durées de traitement

Les données laissent apparaître une nette préférence pour les prescriptions de gentamicine et de benzylpénicilline. Administrées dans 3 cas sur 4, elles sont toutefois utilisées à des posologies très variables, allant de 2 à 8 mg/kg pour la gentamicine (posologie médiane 5 mg/kg) et de 45 à 72 mg/kg pour la benzylpénicilline (médiane 60 mg/kg). Au moment du recueil des données, et, alors que seule une très faible minorité d’enfants (4 %) avaient une infection confirmée par la microbiologie, le traitement durait depuis 48 heures dans 22 % des cas et depuis plus de 72 heures dans 9 % des cas.

Les auteurs reconnaissent que globalement, la pertinence des prescriptions et leur conformité aux recommandations en vigueur sont correctes. Ils préconisent toutefois une harmonisation dans les posologies et dans les durées de traitement de la suspicion de sepsis.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Mac Mullan B. et coll. : Antibiotic prescribing in neonatal sepsis: an Australiannation wide survey. BMJ Paediatrics Open 2020;4:e000643

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