Si l’on espère prévenir le diabète avec les PUFA…

L’inactivité et l’augmentation de la graisse corporelle sont deux facteurs responsables de la hausse mondiale des cas de diabète de type 2. L’alimentation et la maitrise du poids sont les clés pour traiter, prévenir et retarder l’apparition du diabète. Certains travaux ont suggéré un effet bénéfique à long terme de la consommation d’acides gras polyinsaturés (PUFA), parmi lesquels les omega-3 et omega-6. Au Royaume-Uni, certaines recommandations préconisent la consommation de poissons gras (riches en oemga-3), au moins 1 fois par semaine (tout en recommandant de réduire leur consommation pendant la grossesse et la lactation du fait de la contamination possible par le méthylmercure…). En revanche la supplémentation en huiles de poissons n’est pas recommandée. C’est que les résultats des études sont contradictoires en termes de bénéfices et d’effets indésirables avec ces dernières.

Les effets à long terme des PUFA, sur l’apparition ou le traitement du diabète de type 2 notamment, ne sont pas encore très clairs, malgré l’abondance de la littérature sur le sujet. Pour en savoir un peu plus, une équipe du Royaume-Uni a réalisé une revue de la littérature et la méta-analyse de 83 essais randomisés, la majorité consacrés à l’effet d’une supplémentation par les omega-3.

Pas de résultats convaincants

Il apparaît que la supplémentation en omega-3 à longue chaîne n’a pas d’effet significatif sur la survenue d’un diabète (Risque relatif RR 1,00 ; intervalle de confiance à 95 % 0,85 à 1,17). Elle n’a pas non plus d’effet bénéfique sur les marqueurs du métabolisme glucidique (HbA1c, glycémie, insulinémie à jeun, score de résistance à l’insuline HOMA-IR). Les données suggèrent même la possibilité d’un effet négatif pour une supplémentation supérieure à 4,4 g/jour.

Le manque d’études de haute qualité méthodologique ne permet pas de conclure sur les effets de l’acide α-linolénique (omega-6) et des PUFA totaux sur le diagnostic de diabète. Il n’apparaît toutefois aucun effet sur les mesures du métabolisme glucidique, sauf en ce qui concerne une augmentation possible de l‘insulinémie à jeun quand le taux d’acide linolénique augmente. En revanche, et contrairement à une hypothèse parfois évoquée, le ratio omega-3/omega-6 ne semble avoir aucune influence sur le diabète ou le métabolisme glucidique.

Si les études sur le sujet sont nombreuses, rares sont celles de qualité méthodologique irréprochable et de durée suffisamment longue pour conclure définitivement. Les auteurs de cette analyse suggèrent toutefois que les omega-3 à longues chaines, recommandés parfois pour réduire les taux de triglycérides, soient, dans cette indication, préconisés à des doses inférieures à 4,4 g/jour.

Dr Roseline Péluchon

Références
Brown T J et coll. : Omega-3, omega-6, and total dietary polyunsaturated fat for prevention and treatment of type 2 diabetes mellitus: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. BMJ 2019;366:l4697

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