Survie des prématurés de moins de 26 semaines : chaque jour compte

La plupart des études sur la survie des grands prématurés se basent sur l’âge gestationnel à la naissance ou le poids de naissance. Cette approche ne prend pas en compte la maturation des survivants. Le décès des nouveau-nés à moins de 29 semaines survient en médiane au 8ème jour indiquant un risque de mortalité qui s’abaisse passé ce délai. Les analyses basées sur l’âge gestationnel à la naissance ne fournissent pas cette information. Celles qui tiennent compte de la survie actuarielle prennent en considération le taux de survie pour chaque âge post-natal. Cette approche a l’avantage de fournir une information spécifique sur la survie au fur et à mesure que le nourrisson mature. Les études précédentes ont fourni des données en fonction de chaque semaine d’âge gestationnel corrigé. Or, il est maintenant établi qu’un enfant né à 23 semaines et un jour n’a pas le même pronostic que celui né à 23 semaines et 6 jours.

Taux de survie actuariel : nombre d’enfants ayant survécu lors de la sortie rapporté au nombre de vivants jusqu’au jour étudié

Une étude rétrospective Canadienne a inclus tous les nouveau-nés entre 22 et 25 semaines, de 2010 à 2017, hospitalisés dans l’une des 30 unités de niveau III du pays. Ceux souffrant d’une anomalie congénitale majeure ou moribonds à l’admission ont été exclus de l’analyse. Toutes les données recueillies de façon standardisée ont été centralisées. L’âge gestationnel (AG) a été établi à partir de la date de fertilisation in vitro, de l’échographie, de la date des dernières règles ou de l’estimation obstétricale ou néonatale. L’évolution a été suivie jusqu’au transfert dans une unité de niveau II ou au retour à domicile ou au décès. A ce moment de l’évolution, les enfants vivants ont été comptabilisés comme survivants en raison du très faible taux de mortalité au-delà de ces limites jusqu’à 2 ans. De 220/7 et 256/7 semaines, chaque jour a été analysé comme une catégorie sauf pour les 22 semaines groupés en 2 catégories : 4 premiers jours et 3 derniers. Pour chaque jour de vie, le taux de survie actuariel a été obtenu en rapportant le nombre d’enfants ayant survécu lors de la sortie au nombre de vivants jusqu’au jour étudié. Le taux actuariel pour chaque jour indiquait alors la chance de survie après la sortie.

Augmentation abrupte du taux de survie durant les 7 à 10 jours post-natals

Sur un total de 4 681 nourrissons, 4 335 étaient éligibles pour l’étude: 22 SA, 85; 23 SA, 679 ; 24 SA, 1504 ; 25 SA, 2067. Parmi les enfants qui avaient survécu jusqu’au 42ème jour, le taux de décès au-delà était de 12,9 % à 22 SA, 7,3 % à 23 SA, 4,2 % à 24 SA et 3,2 % à 25 SA. L’âge médian de décès augmentait parallèlement à l’augmentation de l’âge gestationnel. Le taux de survie atteignait 80 % à 25 semaines d’âge post-menstruel (PMA), 85 % à 26 semaines PMA, 90 % à 28 et 95 % à 30 semaines PMA. Les courbes actuarielles des 6 premières semaines de vie montraient chez les garçons et les filles une augmentation abrupte du taux de survie durant les 7 à 10 jours post-natals.

En conclusion, le taux de survie augmente régulièrement avec la survie post-natale et dépend du sexe et de l’âge gestationnel en jours.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Shah PS. et coll : Actuarial survival based on gestational age in days at birth for infants born at <26 weeks of gestation. J Pediatr 2020;225:97-102

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