Symptomatologie de la Covid-19, la pollakiurie aussi ?

Tandis que la pandémie de Covid-19 progressait, le nombre de publications décrivant la diversité des manifestations cliniques de cette maladie ne cessait d’augmenter.

Celle-ci en particulier signale l’existence de symptômes urinaires pouvant être méconnus tant ils ressemblent à des troubles urinaires banals : tel est le cas de la pollakiurie associée à la fièvre.

Des auteurs allemands relatent ainsi l’observation d’un patient qui consultait pour fièvre, frissons, douleurs abdominales, et pollakiurie. L’examen cytobactériologique des urines après culture s’est avéré négatif, ce qui n’a pas empêché qu’il soit renvoyé chez lui avec un traitement antibiotique. Mais le prélèvement pharyngé qui avait été pratiqué à titre systématique lors de sa consultation et analysé par PCR à la recherche d’une infection par le SARS-CoV-2 est « revenu » positif.  Le malade a alors été hospitalisé dans un service dédié, d’autant que son état s’était aggravé avec fièvre plus élevée, fatigue et douleurs thoraciques lors des mouvements respiratoires.

Fièvre, mictions et SARS-CoV-2

La pollakiurie est un symptôme banal au cours des infections urinaires. Le cas de ce malade a incité les praticiens à rechercher, au cours d’une étude à la fois pro et rétrospective, si leurs autres patients étiquetés Covid-19, en souffraient aussi. Sur les 57 patients dont l’infection virale a pu être documentée à la fois par l’imagerie thoracique et par les prélèvements nasopharyngés (PCR), sept, tous de sexe masculin, ont rapporté des mictions plus fréquentes, associées à d’autres troubles (toux sèche, fièvre, essoufflement rapide). Sur les sept, 5 avaient des antécédents d’hypertension artérielle, mais il y avait aussi des cardiaques, des obèses, des diabétiques.

Les malades avaient entre 11 et 14 mictions par 24 h en moyenne. Chez tous, les examens ont pu éliminer une infection bactérienne urinaire, une atteinte rénale aiguë, une prostatite : les chiffres de créatinine et de PSA (antigène spécifique de la prostate) étaient tous normaux. Il n’y avait pas d’anomalie du volume prostatique, ni de résidu vésical post-mictionnel important. On n’a pu mettre en évidence l’ARN du SARS-CoV-2 par PCR dans les échantillons d’urines, mais il a été retrouvé dans le sang de deux patients.

On peut donc considérer qu’il peut y avoir une cystite virale responsable de pollakiurie, liée à l’infection par le SARS-CoV-2, laquelle doit donc alors être recherchée par PCR sur prélèvement pharyngé.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Mumm J-N et coll. : Urinary frequency as a possibly overlooked symptom in Covid-19 patients: does SARS-CoV-2 cause viral cystitis ? European Urology 2020; 78: 624-628.

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Vos réactions (2)

  • Sinusites et prostatites

    Le 24 février 2021

    Il y a bien longtemps que les urologues ont trouvé un lien assez fréquent entre les prostatites récidivantes et les infections dentaires et les sinusites.

    Dr JD

  • Pollakiurie et diabète cortico induit

    Le 26 février 2021

    Patient COVID (plusieurs PCR négatives mais biologie et scanner évocateurs puis Anticorps IGG et IGM positifs) traitement classique dont corticoides (solupred 80 mg/j 7 j) mais rechute du syndrome inflammatoire et hospitalisation avec traitement IV dont corticoides (dexamethasone 10mg/j 7j). Apparition d'un syndrome polyuro-polydipsique majeur (8litres /j) modification du gout et myopie (glycémie 4,24 g/l nécessitant une insulinothérapie qui permet une normalisation en quelques jours).

    Dr RTC

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