Un déficit en vitamine D pourrait aggraver la sévérité d’un sepsis

La vitamine D exerce une fonction immunomodulatrice sur le système immunitaire inné et adaptatif. Les études attestent de la présence de récepteurs de la vitamine D sur la majorité des cellules immunitaires. La vitamine D peut moduler l’activation des monocytes, atténue la réponse inflammatoire induite par les bactéries, virus ou champignons, possède une activité bactéricide, favorise la phagocytose et provoque la prolifération et la différenciation des lymphocytes B et T.

Il a été prouvé que l’insuffisance (≤ 30 ng/ml) ou la carence en vitamine D (≤ 20 ng/ml), est associée à une augmentation du risque infectieux. Des études ont aussi démontré que les patients ayant un taux faible de vitamine D avaient un risque accru de pathologies graves, de séjours hospitaliers plus longs et de taux de mortalité plus élevé.

Pour en savoir plus sur le lien entre le taux de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D) et la sévérité de l’infection et le risque d’hospitalisation en urgence, 101 patients âgés de plus de 18 ans et hospitalisés en urgence ont été recrutés pour une étude observationnelle. Leur taux de 25(OH)D était mesuré pour être corrélé à la sévérité du tableau clinique. L’étude a eu lieu dans un hôpital de Bangkok.

Pas une raison pour la supplémentation

Les données montrent une forte prévalence de l’insuffisance en vitamine D chez ces patients (87 %). Il apparaît une association entre le taux de vitamine D et les scores de sévérité du sepsis, mesurés par les échelles APACHE-II et MEDS, en analyses en régression linéaire (−0,29 ; intervalle de confiance à 95 % −0,41 à −0,17).

En revanche, l’insuffisance en vitamine D n’est pas corrélée au risque d’hospitalisation, et le taux sérique de vitamine ne peut donc pas être utilisé comme marqueur prédictif pour la décision d’hospitaliser ou non le patient.

Les auteurs remarquent que les essais contre placebo n’ont pas encore permis de démontrer l’intérêt d’une supplémentation précoce par de fortes doses de vitamine D pour les patients hospitalisés aux soins intensifs, dans un objectif de réduction de la durée d’hospitalisation ou de la mortalité.

Notons enfin que cette étude comporte un faible nombre de patients, ce qui limite la portée des résultats.

Dr Roseline Péluchon

Références
Vanichkulbodee A, et coll. : Effects of vitamin D insufficiency on sepsis severity and risk of hospitalisation in emergency department patients: a cross sectional study.
BMJ Open 2023;13:e064985. doi.org/10.1136/bmjopen-2022-064985

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Vos réactions (2)

  • Supplémentation vitamine D

    Le 27 janvier 2023

    Etrange: on nous a pourtant répété que la supplémentation en vitamine D n'avait pas d'intérêt dans le Covid car aucune action sur l'immunité !

    A Levry, pharmacien

  • Déficit en vitamine D et immunité

    Le 27 janvier 2023

    On a de longue date observé que le manque de vitamine D est associé aux dysfonctions immunitaires. Il est possible que les deux phénomènes aient un déterminisme commun, sans lien de causalité. Néanmoins de nombreuses données sont en faveur d'une responsabilité directe de la vitamine D dans l'immunité.
    Cela dit, ce n'est pas parce qu'un manque chronique de vitamine D compromet l'immunité que l'administration aiguë de vitamine D puisse l'améliorer. Tout tend au contraire à prouver que ce n'est généralement pas le cas.

    Dr Pierre Rimbaud

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