Un prix minimum pour l’unité d’alcool, ça vaut le coup !

Le 1er mai 2018, la loi imposant un prix minimum légal pour l’unité d’alcool, en deçà duquel l’alcool ne pouvait être vendu est entrée en vigueur en Ecosse. Les principaux attendus de cette mesure étaient la réduction des décès et des soins imputables à la consommation d’alcool. L’Ecosse est la région du Royaume-Uni où les méfaits de l’alcool sont les plus graves, avec un gradient socioéconomique important : le taux de décès liés à l’alcool est 5 fois plus élevé dans la classe sociale la plus défavorisée, en comparaison de la classe la plus favorisée, après ajustement pour de multiples facteurs.

Trois ans après la mise en place de ce prix minimum de l’unité d’alcool, un bilan est dressé, sur les décès et les hospitalisations en lien avec l’alcool. Après 32 mois de cette mesure, une réduction significative de 13 % est constatée sur le nombre des décès attribuables à la consommation d’alcool, en comparaison avec ce qui était estimé si la mesure n’avait pas été prise. Cela correspond à 156 décès évités par an en moyenne. Une réduction de 4 % des hospitalisations en lien avec l’alcool est aussi obtenue, correspondant à 411 hospitalisations évitées par an, en moyenne.

Un bilan plutôt positif surtout pour les populations les plus défavorisées

L’analyse des données montre que les réductions les plus importantes se situent dans les 40 zones les plus défavorisées d’Ecosse, confirmant que la mesure du tarif minimum a eu un impact positif en termes de réduction des inégalités de santé en lien avec l’alcool. Les baisses du nombre de décès et d’hospitalisations sont significatives parmi les 35- 64 ans et les plus de 65 ans, mais n’ont pas pu être évaluées chez les plus jeunes (16-34 ans), du fait du faible nombre de décès imputables à l’alcool dans cette tranche d’âge.

Les auteurs précisent toutefois que de nouvelles estimations indiquent une aggravation récente de la mortalité spécifique liée à l’alcool, en Ecosse et en Angleterre. La période étudiée ici n’inclut pas ces données récentes. Toutefois, l’augmentation en Ecosse entre 2020 et 2021 est inférieure à ce qu’elle est en Angleterre, où la mesure de prix minimum pour l’unité d’alcool n’a pas été prise (4 % vs 7 %).

Dr Roseline Péluchon

Référence
Wyper GMA, et coll. : Evaluating the impact of alcohol minimum unit pricing on deaths and hospitalisations in Scotland: a controlled interrupted time series study. Lancet. 2023 ; publication avancée en ligne le 20 mars. :S0140-6736(23)00497-X. doi: 10.1016/S0140-6736(23)00497-X.

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