Un protocole simple pour calmer et favoriser l’endormissement des nourrissons

Environ 20 à 30 % des enfants pleurent de façon excessive ou ont des difficultés d’endormissement sans raison apparente, ce qui augmente le stress parental. Il a été établi que le portage bref d’un enfant réduit de façon transitoire ses pleurs via une réponse vagale. Une récente étude Italo-Japonaise propose une combinaison de « 5 minutes de portage en mouvement, 5 à 8 minutes de portage assis » afin de répondre aux pleurs et difficultés de sommeil du nourrisson.

32 sessions diurnes enregistrées avec 21 nourrissons en Italie ou au Japon


Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont penchés sur les réponses complexes du nourrisson au portage maternel en combinant analyses physiologiques et interactions dynamiques entre la mère et l’enfant. Des nourrissons âgés de 0 à 7 mois et leur mère ont été recrutés en Italie ou au Japon. Un total de 32 sessions diurnes (17 à domicile et 15 en laboratoire) enregistrées avec 21 nourrissons (moyenne d’âge : 3,3 mois) et leur mère (moyenne d’âge 35,8 ans) ont été analysées.

Au cours de ces sessions, les nourrissons étaient soit portés par leur mère en mouvement (portage maternel actif), soit portés par leur mère en position assise (portage assis), soit allongés dans un berceau soit en mouvement dans une balancelle. Chaque position pouvait durer 30 secondes ou 5 minutes. Les positions étaient alternées de façon aléatoire au cours d’une session.

Pour l’analyse physiologique et comportementale, un électrocardiogramme (ECG) et une caméra ont été utilisés. L’ECG a permis de calculer l’intervalle entre deux battements cardiaques (IBI). Un score arbitraire dénommé ISS (infant status score) a été calculé à partir de l’état de l’enfant (vocalisation négative, ouverture/fermeture des yeux) à chaque battement cardiaque. Ce score, qui a été corrélé à l’intervalle moyen entre deux battements cardiaques (mIBI), a permis de définir trois états chez le nourrisson : endormi (ISS moyen ou mISS = 1), calme/alerte (mISS=0) et en pleurs (mISS = -1).

Le mouvement atténue les pleurs des nourrissons


Les pleurs des nourrissons étaient atténués par le portage maternel actif ou par les mouvements d’une balancelle mais pas par le portage de la mère en position assise. Dans un modèle statistique dit mixte-linéaire, le mouvement était associé de façon significative à l’augmentation des scores mISS et mIBI chez les enfants en pleurs (p<0,001). Cette association a également été retrouvée pour le portage mais dans une moindre mesure (p<0,037 pour le mIBI).

Le portage maternel dit actif de 5 minutes favorise le sommeil des nourrissons qui pleurent (dans cette expérience la moitié des enfants s’endorment à la fin du portage). Cet effet n’a pas été retrouvé chez les nourrissons en état « calme/alerte ». Le portage maternel inactif, même prolongé, n’a pas permis de calmer les enfants en pleurs.

La durée du sommeil précédant le couchage est corrélée à la qualité du sommeil après le couchage


Une fois l’enfant endormi (dans les bras ou une balancelle), l’étape du couchage dans un berceau rend souvent l’enfant alerte à nouveau (un cas sur trois dans cette expérience). Afin d’étudier plus finement cette transition, les chercheurs ont mesuré l’intervalle entre deux battements cardiaques (IBI) à chaque micro-étape du couchage, ce qui leur a permis d’identifier le début du détachement maternel comme le facteur d’alerte le plus important.

Pour finir, les auteurs ont recherché les déterminants de la qualité du sommeil après l’étape du couchage. La durée du sommeil précédent l’étape de couchage (en moyenne 2,75 ± 0,92 et 8,52 ± 1,65 min pour les nourrissons éveillés ou endormis après couchage, respectivement) semblait corrélée à la qualité du sommeil après couchage. Dans cette expérience, il s’est avéré que maintenir l’enfant endormi pendant 5 à 8 minutes en portage assis avant l’étape de couchage tendait à réduire le risque d’éveil de l’enfant.  

Une séquence qui semble gagnante


En somme, les auteurs de cette étude préconisent une séquence qui tend à réduire les pleurs des nourrissons et promouvoir l’endormissement, à savoir : « un portage de 5 minutes en mouvement suivi d’un portage assis de 5-8 minutes avant de coucher l’enfant ». Ce protocole ne se substitue pas à une prise en charge spécifique des troubles du sommeil de l’enfant et reste à confirmer sur des échantillons plus importants, avec une analyse fine de certains paramètres comme : la vitesse du mouvement, l’impact sur le sommeil nocturne, l’influence de différents rituels de coucher, etc.

Dr Dounia Hamdi

Référence
Ohmura N, et coll. : A method to soothe and promote sleep in crying infants utilizing the transport response. Curr Biol. 2022 Oct 24;32(20):4521-4529.e4. doi: 10.1016/j.cub.2022.08.041.

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