Un risque accru de MCV précoce en cas de MICI

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) sont associées à un risque élevé de maladie cardiovasculaire (MCV), très probablement par le biais de l’inflammation chronique systémique, encore que d’autres facteurs puissent entrer en jeu. Cette association est d’ailleurs prise en compte dans l’évaluation du risque cardiovasculaire global, mais rares sont les études qui ont évalué la prévalence des MICI chez les patients atteints d’une forme plus ou moins prématurée de la MCV.

Le registre national étatsunien VITAL (Veterans wIth premaTure AtheroscLerosis) a recherché une relation entre les formes prématurées (âge au moment du diagnostic ≤ 55 ans) (n= 147 600) ou très prématurées (< 40 ans) (n = 9 485) et l’existence ou non une MICI. Les patients ainsi sélectionnés ont été comparés à des témoins appariés selon l’âge et le sexe. Les données ont été traitées au moyen d’une analyse multivariée par régression logistique avec ajustement en fonction des facteurs de risque traditionnels.

Association étroite surtout chez les moins de 40 ans

En cas de MCV prématurée et comparativement aux témoins, la prévalence des MICI s’est avérée plus élevée, soit 0,96 % versus 0,84 %, ce qui conduit à un odds ratio (OR) de 1,14 (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,08–1,21). La même tendance plus affirmée a été observée dans le cas des formes encore plus précoces de la MCV, soit 1,36 % versus 0,75 %, l’OR étant alors estimé à 1,82 (IC 95 % : 1,52–2,17). Ces associations se sont révélées un peu moins étroites après ajustement, les valeurs correspondantes des ORs étant alors respectivement de 1,07 (IC 95 % :1,00–1,14) et 1,61 (IC 95 %:1,34–1,94).

Selon cette étude transversale de grande envergure, il existerait une association significative entre les formes prématurées ou très prématurées de la MCV athéromateuse et l’existence d’une MICI. Cette relation est particulièrement étroite chez les patients les plus jeunes (âge ≤40 ans), puis s’atténue avec l’âge, sous les effets conjoints des facteurs de risque traditionnels cardiométaboliques, tels l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme ou encore les dyslipidémies. Les interventions thérapeutiques précoces visant à réduire le risque de MCV chez les patients jeunes atteints d’une MICI peuvent-elles être bénéfiques ? La réponse à cette question ne peut provenir en toute rigueur que d’études de cohorte prospectives.

Dr Philippe Tellier

Référence
Lee MT et coll. Premature Atherosclerotic Cardiovascular Disease Risk Among Patients with Inflammatory Bowel Disease. Am J Med 2021 (31 mars) : publication avancée en ligne. doi.org/10.1016/j.amjmed.2021.02.029.

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