Un risque moindre de polyarthrite rhumatoïde avec la contraception orale

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Pour expliquer ce constat, il a été suggéré l'intervention d'un facteur hormonal et/ou reproductif.

Une équipe Suédoise a réalisé une étude avec afin d'évaluer l'influence de la contraception orale et de l'allaitement sur le risque de PR.

Ce travail était basé sur les données de la cohorte EIRA (Epidemiological Investigation of RA) incluant des femmes de plus de 18 ans, vivant en Suède entre 1996 et 2014.

Les cas incidents de PR étaient diagnostiqués par des rhumatologues et répondent aux critères ACR de 1987 ou 2010.

Les contrôles étaient sélectionnés de façon randomisée depuis le registre national de la population et appariés en âge et en lieu de résidence.

Les participantes complétaient un questionnaire évaluant leur mode de vie, leur environnement, l'usage d'une contraception orale et leur « histoire » d'allaitement.

Au total, 2 641 cas et 4 251 contrôles ont été inclus dans ce travail ; 1756 cas (66,5 %) avaient des anticorps anti CCP (anticorps anti-peptides cycliques citrullinés) positifs.

Par rapport aux femmes n'ayant jamais eu de contraception orale, les femmes utilisatrices actuelles ou passées avaient un risque diminué de PR (odds ratio OR= 0,85, intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] 0,78-0,97 et OR= 0,87, IC95 % 0,78-0,98 respectivement.)

Cette association était significative après ajustement pour la consommation de tabac ou d'alcool pour les femmes atteintes d'une PR anti CCP+ mais ne l'étaient pas chez les séronégatives.

Une durée d'utilisation de plus de 7 ans était associée à une diminution du risque de PR (OR= 0,81, IC95 % 0,71-0,92). Cette association était significative pour les PR anti CCP+ (p = 0,0037) et les PR anti CCP- (p = 0,0356).

Pas d’influence de l’allaitement

Un antécédent d'allaitement prolongé diminuait le risque de PR anti CCP+ (p = 0,0086). Ce résultat n'était cependant plus observé après ajustement pour la consommation de tabac ou d'alcool.

Il y avait une interaction significative entre l'absence d'utilisation des CO et le tabac (AP = 0,28, IC95 % 0,14-0,42) sur le risque de PR anti CCP+, indiquant que parmi les fumeuses, le risque était plus prononcé chez les femmes n'ayant jamais pris de CO versus celles les ayant utilisés.

Les auteurs concluent que la contraception orale diminue le risque de PR, en particulier anti CCP+ et une interaction avec le tabac a été observée. Une longue durée de contraception orale diminue le risque de PR séropositive et de PR séronégative. Aucune association n'a été mise en évidence avec l'allaitement.

Une des limites majeures de ce travail est l'absence de données sur le type de contraception orale  utilisée (doses).

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Références
Orellana C et coll. : Oral contraceptives, breastfeeding and the risk of developing rheumatoid arthritis: results from the Swedish EIRA study.
Ann Rheum Dis., 2017 ; publication avancée en ligne le 17 Août.

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