Un traitement par antiviraux d’action directe pour les toxicomanes aussi !

Le non-respect des rendez-vous médicaux et la poursuite de la prise de drogues sont les obstacles les plus fréquents à l’instauration du traitement par antiviraux à action directe (AAD) contre l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) chez les patients toxicomanes.

Bien que ces derniers soient concernés par 23 % de toutes les nouvelles infections à VHC dans le monde, les directives nationales recommandaient souvent de contrôler « l’usage abusif de substances illicites » avant d’instaurer un traitement anti-VHC. Cette attitude laissait cependant persister un important réservoir de virus chez ces patients souvent en situation de précarité. L’évolution de la prise en charge médico-sociale a progressivement permis de les traiter et il est intéressant de faire le point sur l’efficacité du traitement anti-viral C dans cette population particulière.

Une réponse virologique soutenue à 12 mois dans plus de 87 % des cas

Une méta-analyse de 38 études a regroupé 3 634 patients utilisateurs récents de drogues ou recevant un traitement de substitution aux opiacés (1). Le critère d’évaluation principal de l’efficacité était le taux de réponse virologique soutenue 12 semaines après le traitement (RVS12) dans la population en intention de traiter.

Vingt et une études concernent 1 408 patients consommateurs récents de drogues : le taux d’achèvement du traitement est de 97,5 %, le taux de RVS12 de 87,7 %. Trente-six études concernent 2 987 patients sous traitement substitutif : le taux d’achèvement du traitement est de 97,4 % et le taux de RVS12 est de 90,7 %. Enfin 8 études concernent 670 toxicomanes s’injectant des drogues : le taux d’achèvement du traitement est de 96,9 % et le taux de RVS12 est de 87,4 %.

Ces résultats confortent ceux de l’étude ouverte à bras unique SIMPLIFY, publiée en début d’année 2018 dans le Lancet (2) faisant état d’un bon résultat de l’association sofosbuvir/velpatasvir pour les génotypes 1 et 3, difficiles à traiter. Leur délivrance était cependant réalisée par un pilulier hebdomadaire électronique afin de contrôler l’observance.

Des modalités de suivi spécifique doivent donc être proposées aux toxicomanes suivis en Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Leurs pratiques à risque de transmission virale et de consommation d'alcool justifient une surveillance prolongée addictologique, virologique et hépatologique. Les bons résultats de cette éradication virale C sont favorisés par l’éducation thérapeutique et l’accompagnement des patients qui encouragent une meilleure observance du traitement lequel est donc aussi efficace que dans la population générale.

Dr Sylvain Beorchia

Références
1 - Hajarizadeh B et coll. : Direct-acting antiviral treatment for hepatitis C among people who use or inject drugs:asystematicreview and meta-analysis. Lancet Gastroenterol Hepatol., 2018 ; publication avancée en ligne le 20 septembre. doi: 10.1016/S2468-1253(18)30304-2.

2 - Grebely J et coll. SIMPLIFY Study Group : Sofosbuvir and velpatasvir for hepatitis C virus infection in people with recent injection drug use (SIMPLIFY): an open-label, single-arm, phase 4, multicentre trial. Lancet GastroenterolHepatol. 2018; 3: 153-161. doi: 10.1016/S2468-1253(17)30404-1.

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