Une bonne forme cardiovasculaire éloigne le risque de dépression tardive…

Réalisée à Dallas (États-Unis), une recherche épidémiologique explore les liens entre la condition physique au milieu de la vie et le risque de mortalité d’origine cardiovasculaire émaillant une dépression du troisième âge (later-life depression).

Recoupant des données provenant des services d’assurance santé Medicare et Medicaid et d’une enquête longitudinale commencée en 1970 (Cooper Longitudinal Study)[1], cette étude rétrospective de cohorte porte sur près de 18 000 sujets (environ 80 % d’hommes et 20 % de femmes), avec un suivi global correspondant à plus de 117 000 personnes-années. Regroupant les participants en trois classes (bonne, moyenne ou mauvaise forme physique) en fonction du statut cardiovasculaire et bronchopulmonaire de leur condition physique (fitness category), les auteurs observent une association entre une bonne forme physique (high level of fitness) en milieu de vie et une diminution significative (-16 %) du risque de dépression ultérieure (Hazard Rario HR = 0,84 ; intervalle de confiance à 95 % IC [0,74–0,95]), comparativement à un contexte de mauvaise condition physique (low level of fitness).

…er de mortalité cardiovasculaire

Autre comparaison : par rapport à une mauvaise forme, une bonne condition physique en milieu de vie est associée aussi à une forte diminution (-61 %) du risque de décès ultérieur d’origine cardiovasculaire (HR = 0,39 ; IC [0,31–0,48]). Et après un diagnostic de dépression, un contexte de bonne condition physique est associé à une diminution également significative (-56 %) du risque de mortalité d’origine cardiovasculaire (HR = 0,44 ; IC [0,31–0,64]). De façon  plus précise, ces associations (entre le niveau de condition physique en milieu de vie et le risque ultérieur de dépression ou/et de mortalité d’ordre cardiovasculaire) se déclinent pour plusieurs facteurs classiques du « risque métabolique » : IMC, tension artérielle, tabagisme, cholestérolémie, glycémie... Pour les auteurs, la confirmation de ces liens épidémiologiques entre une mauvaise condition physique en milieu de vie et une surmortalité ultérieure confirme l’importance d’une action précoce pour améliorer cette condition physique, « comme moyen de prévention primaire de la dépression et de la mortalité cardiovasculaire » souvent associée à une dépression tardive. Et ce constat devrait aussi « encourager les médecins à valoriser la condition physique et l’exercice » pour promouvoir la santé physique et psychique des personnes âgées.

[1] https://www.cooperinstitute.org/ccls/

Dr Alain Cohen

Référence
Willis BL et coll.: Association of midlife cardiorespiratory fitness with incident depression and cardiovascular death after depression in later life. JAMA Psychiatry, 2018; 75: 911–917.

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