Vaccination anti-Covid : « Non, je n’irai pas ! »

La vaccination préventive a un intérêt individuel, en protégeant le récipiendaire, et général, en développant une immunité collective. Pour le SARS-CoV-2, celle-ci sera atteinte avec 70 % de sujets immunisés, une valeur qui dépend du taux de reproduction du virus, ici Ro = 3,3, et qui se calcule ainsi : 1 – 1/Ro.

Pour parvenir à cet objectif, la population doit y adhérer un minimum. Par exemple, ne pas trop craindre le vaccin. Que dire alors de la France, dont le taux d’habitants jugeant les vaccins dangereux était le plus élevé au monde en 2019 (33 % des Français versus 10 % en moyenne, selon l’ONG Wellcome) !

En Grande-Bretagne, 18 855 adultes ont été interrogés afin de saisir quels types de messages convaincraient les plus hésitants à se faire vacciner contre la Covid-19. Dans cet échantillon, construit par la méthode des quotas, 18 % se montraient fortement hésitants, prêts à reporter leur vaccination le plus longtemps possible, voire à ne pas la faire du tout.

Dix messages pour convaincre

Les messages, dix en tout, comportaient un texte contrôle disant, en substance : « Les vaccins contre la Covid-19 sont sains et efficaces, ils protègent bien et sont approuvés par les autorités sanitaires. » Y étaient ajoutés des bénéfices soit personnels, soit collectifs, une information sur la gravité de la pandémie ou des combinaisons de tout cela. Par exemple (bénéfice collectif) : « Vaccinés, donc moins susceptibles de tomber malades par la Covid-19, nous pouvons jouer un rôle en aidant notre pays à rebondir le plus vite possible. » Les participants ont reçu, au hasard, l’un de ces messages.

Par rapport au groupe contrôle, l’hésitation des personnes les plus fortement sceptiques a été réduite par les messages centrés sur les bénéfices personnels (ex. : « Attraper le coronavirus peut sérieusement perturber votre vie, en vous éloignant de votre travail, votre formation, votre famille ou vos amis, etc. »), sur la vitesse de développement du vaccin (ex. : « Certaines personnes peuvent craindre que la mise au point des vaccins ait été trop rapide pour être sûre, mais, etc. »), ou une combinaison d’informations. Les messages les plus efficaces valorisaient les bénéfices personnels.

Pourra-t-on, grâce à ces résultats, construire des campagnes d’information plus pertinentes ? Rien n’est moins sûr, car, comme le reconnaissent les auteurs, cette étude repose sur un comportement verbal suscité et rien ne prouve qu’il se traduirait en un acte réel de vaccination. De plus, il conviendrait d’explorer ces attitudes dans des populations dont la culture valorise l’aspect collectif, comme dans certains pays d’Asie.

Dr Patrick Laure

Référence
Freeman D et coll. : Effects of different types of written vaccination information on COVID-19 vaccine hesitancy in the UK (OCEANS-III): a single-blind, parallel group, randomised controlled trial. Lancet 2021; publication avancée en ligne le 12 mai. doi.org/10.1016/S2468-2667(21)00096-7

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (20)

  • Liberté !

    Le 19 mai 2021

    Personne ne doit être contraint à la vaccination.
    Les antivax doivent juste signaler leur refus à l'Assurance maladie, afin qu'elle puisse leur envoyer la facture des éventuels soins pour covid qu'ils auront nécessité.
    Soyons magnanimes : ne leur imputons les coûts des personnes qu'ils auront contaminées. Encore qu'on puisse en discuter.

    Dr Pierre Rimbaud

  • Pourcentage de la population à vacciner

    Le 20 mai 2021

    La formule donnée pour le calcul de la population à vacciner afin d'atteindre l'immunité collective est incomplète ( 1 – 1/Ro= 70 %). Il faut en effet tenir compte de l'efficacité de la vaccination. Elle est de l'ordre de 90 % pour les vaccins ARNm. La formule devient : ( 1 – 1/Ro)/0,9, soit 0,77 %
    Il sera très difficile d'atteindre ce chiffre. Il faut impérativement que les populations à risque soient toutes vaccinées et la communication doit cibler particulièrement ces groupes à risques ; il faut rendre la vaccination obligatoire pour les personnels de santé et tous les personnels professionnels en contact avec les personnes à risques.

    Pr Dominique Baudon

  • Quand le postulat de départ fait oublier les faits

    Le 21 mai 2021

    Que faites vous des faits ? Pour l'heure la seule choses à peu près certaine avec les vaccins anti covid est qu'ils diminuent probablement le passage aux forment graves chez les personnes à risque.
    Il est loin d'être prouvé qu'ils empêchent le portage et la contagiosité des personnes vaccinées. J'aurai bien aimé y croire mais...Et pourtant je suis vacciné.

    De plus l'efficacité annoncée de 90% semblerait être plus proche de 50%. Sans parler des variants.
    Donc que reste-t-il? L'immunité collective? Soyons sérieux! comment l'atteindre si le portage du virus n'est pas empêché et avec une efficacité de...(soyons généreux comme mon confrère) 60%.
    Enfin, au nom de quelle éthique pouvez vous faire confiance aveuglément à des études de laboratoires, dont personne n'a pu étudier les données brutes quand nous avons tous, je dis bien tous, constaté depuis des décennies combien elles ont pu être trompeuses quand elles n'étaient pas falsifiées. Et vous voudriez, dans ces conditions qu'on impose ces vaccins à des adolescents et des jeunes qui ont devant eux 60 ou 70 ans d'espérance de vie pour en éprouver les effets secondaires tardifs potentiels alors que pour eux le virus n'est pas dangereux ? Et cela au non d'un projet d'immunité collective efficace qui ferait disparaitre ce virus? Alors que déjà les faits semblent vouloir contre-dire cette espérance?

    Mais ce n'est pas la première ni la dernière absurdité à laquelle nous aurons assisté dans cette affaire. Nous en reparleront dans 5 ou 10 ans si nous sommes encore vivant.

    Dr Alain Garenne- MG 66 ans, vacciné Pfizer 2 doses.

Voir toutes les réactions (20)

Réagir à cet article