Vaccination anti-Covid : on peut compter sur le Novavax dans le monde !

Le vaccin anti-Covid NVX-CoV2373 développé par la société Novavax diffère des autres vaccins par sa fabrication et sa composition. La technique est celle des protéines recombinantes ou « sous-unitaires » utilisée dans les vaccins dirigés contre le méningocoque, le pneumocoque ou encore la coqueluche. Une technique qui n’a donc rien de révolutionnaire, même si elle bénéficie dans sa mise en œuvre des progrès de la génétique.

Rappel sur le principe

Dans le cas du SARS-CoV-2, c’est un fragment du virus, en l’occurrence la protéine S, qui en est le principe actif. Très schématiquement, cette dernière est produite par génie génétique au sein de cultures cellulaires, puis introduite dans des nanoparticules lipidiques qui sont une pâle copie du virus. Pour renforcer le pouvoir immunogène de cette préparation, est ajouté un adjuvant dit Matrix-M, dérivé de la saponine du bois de Panama et développé par Novavax. Ce sont là les ingrédients du vaccin NVX-CoV2373 qui est donc bien différent des virus à m ARN. Les résultats des premières études cliniques du début de l’année, effectuées sur un effectif restreint, illustrent son efficacité et son acceptabilité. La réponse immunitaire humorale chez des volontaires sains apparaît robuste et reproductible.

Un essai randomisé avec plus 15 000 participants

Un essai randomisé multicentrique, mené à simple insu contre placebo au Royaume-Uni, vient conforter ces premières impressions plutôt favorables. Ont été initialement inclus 15 187 sujets âgés de 18 à 84 ans et recrutés au sein de 33 centres. Le vaccin était administré par voie intramusculaire à raison de deux doses de 5 μg chacune, espacées de trois semaines. Le critère de jugement principal était la survenue d’une infection par le SARS-CoV-2 confirmée sur le plan virologique, qu’elle soit légère, modérée ou sévère, ceci au moins sept jours après la seconde injection chez des participants dont la sérologie était négative à l’état basal.

L’analyse par protocole a porté sur 14 039 participants, dont 27,9 % âgés de d’au moins 65 ans. Des comorbidités étaient présentes dans 44,6 % des cas. Une infection symptomatique par le SARS-CoV-2 a été détectée chez 10 participants du groupe vacciné, contre 96 dans le groupe placebo, les symptômes ayant dans tous les cas débuté au moins sept jours après la seconde injection conformément au protocole initial.

Efficacité vaccinale proche de 90 %

L’efficacité vaccinale a été ainsi estimée à 89,7 % (intervalle de confiance à 95 % [IC], 80,2 à 94,6). Les dix cas survenus dans le groupe vacciné ont connu une évolution favorable et aucune hospitalisation ne s’est avérée nécessaire. Les cinq formes sévères de l’infection virale sont toutes survenues dans le groupe placebo.

Une analyse des données post hoc a révélé une efficacité de 86,3 % (IC 95 %, 71,3 à 93,5) face au variant B.1.1.7 (dit désormais alpha) et de 96,4 % (IC 95%, 73,8 à 99,5) face aux variants non-B.1.1.7 sans plus de précision et pour cause. Les réactions post-vaccinales ont été en général légères et transitoires. La fréquence des évènements indésirable jugés sérieux a été la même dans les deux groupes.

Cette étude randomisée multicentrique britannique d’envergure suffisante pour aboutir a priori à une demande d’agrément auprès des diverses agences du médicament mondiales plaide en faveur de l’efficacité du vaccin NVX-CoV2373. L’acceptabilité semble être également convaincante si l’on en juge d’après un pouvoir réactogène modeste au sein de la cohorte de l’étude.

La protection apportée par deux doses espacées de trois semaines frise les 90 %, une performance voisine de celle des vaccins proposés dans la plupart des pays occidentaux. La place de ce vaccin dans les stratégies vaccinales à venir reste à définir, mais elle sera probablement tributaire des caprices mutationnels du virus et de l’évolution de la pandémie dans les mois à venir pays par pays.

Dr Peter Stratford

Référence
Heath PT et coll. : Safety and Efficacy of NVX-CoV2373 Covid-19 Vaccine. N Engl J Med., 2021 ; publication avancée en ligne le 30 juin. doi: 10.1056/NEJMoa2107659.

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Vos réactions (9)

  • Enfin

    Le 10 juillet 2021

    Enfin, un vaccin raisonnable qui utilise une technique éprouvée et ne tente pas de manipuler notre patrimoine génétique.
    Quand sera t-il disponible en France?

    Dr Joël Delannoy

  • Manipulation du patrimoine génétique ?

    Le 12 juillet 2021

    Vos références ?
    Vous semblez ne pas avoir beaucoup de connaissances en biologie moléculaire.
    Dr Lanson

  • Affirmation gratuite

    Le 12 juillet 2021

    Votre affirmation est gratuite, Dr Delannoy, et irresponsable.
    Vous pouvez qualifier de mille façons louables le Novavax, mais pas aux dépens de Moderna ou Pfizer, sous prétexte qu'on y parle de gènes !
    Revenez à vos études de génétique et surtout de déontologie et d'éthique médicales !
    Dr Boyadjian

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