Végétariens, un autre régime pour le dépistage des cancers ?

La popularité croissante des régimes végétariens rend urgente la nécessité d’étudier la santé à long terme de ceux qui ont choisi d’éloigner la viande de leurs assiettes. De précédents travaux ont démontré une réduction du risque de certains cancers et des maladies cardiovasculaires. Mais le régime alimentaire semble aussi aller de pair avec des comportements différents vis à vis des dépistages ou des traitements, différences qui peuvent elles aussi avoir un impact sur les risques à long terme en matière de santé. Les connaissances à ce sujet sont encore éparses et les études peu nombreuses.

C’est ce qui fait l’intérêt d’une étude réalisée au Royaume-Uni qui évalue les comportements de différents groupes concernant certains points essentiels touchant à la santé, en fonction des choix de régime alimentaire. Elle se base sur les résultats d’une enquête sur la participation aux dépistages des cancers dans les 5 ans ou 10 ans précédents (cancer du sein, cancer du col de l’utérus, dosage du PSA), sur la prise de traitements hormonaux substitutifs et sur la prise d’autres traitements dans les 4 semaines précédentes. Plus de 31 mille personnes ont été interrogées, parmi lesquelles 18 155 déclaraient manger de la viande, 5 012 seulement du poisson, 7 179 se disaient végétariens et 914 vegans.

Moins de mammographies et de dosages de PSA

Comparées aux femmes qui consomment de la viande, les végétariennes sont moins nombreuses à se soumettre au dépistage du cancer du sein (rapport de prévalence RP 0, 94 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,89 à 0,98), et les vegans plus encore (RP 0,82 ; IC 0,71 à 0,95). Quant aux hommes végétariens, ils ont moins tendance à doser leur PSA que les consommateurs de viande (0, 82 ; 0,71 à 0,95). En revanche, il n’apparaît aucune différence en ce qui concerne le dépistage du cancer du col de l’utérus, en fonction du régime alimentaire.

Toutes les femmes déclarant ne pas manger de viande ont moins recours aux traitements hormonaux substitutifs. Si l’on note une consommation inférieure de médicaments chez les personnes ne mangeant pas de viande quand elles déclarent ne présenter aucune maladie ou seulement 1 maladie, il n’existe pas de différence entre les groupes dès lors qu’il y a 2 pathologies ou plus ou qu’il y a nécessité de traiter des affections spécifiques comme l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’asthme, le diabète ou les pathologies thyroïdiennes.

Une question demeure toutefois en suspens et devrait à terme trouver une réponse. C’est celle de savoir si ces différences de comportements ont des conséquences au long cours sur la santé de chacun.

Dr Roseline Péluchon

Références
Tong TYN et coll. : Cross-sectional analyses of participation in cancer screening and use of hormone replacement therapy and medications in meat eaters and vegetarians: the EPICOxford study.
BMJ Open 2017;7:e018245

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