Des jeunes médecins dénoncent les possibles abus de pouvoir des directeurs d’hôpitaux

Paris, le jeudi 14 février 2019 – Les intersyndicales Action Praticiens Hôpital (APH) et Jeunes Médecins (JM)*  dénoncent dans un communiqué commun « la multiplication des suspensions abusives de Praticiens Hospitaliers par les directeurs des hôpitaux ». Des suspensions administratives au « cadre juridique quasiment vide (…) aucune durée ne protège le praticien, même lorsque aucune sanction n’est requise » pointe les deux organisations.

Elles accusent les directeurs d’abuser « de leur droit de police pour régler leur compte à des collègues qui ne se soumettent pas à leur bon vouloir ».

Et elles citent plusieurs cas précis : « au CHU de la Réunion, cette procédure est devenue un sport habituel, le DG ne prenant même plus la peine de fournir un motif vraisemblable de suspension ! Mais on peut également citer les cas de Brest (suspension d’un collègue ayant déclenché une grève pour obliger au respect des textes en vigueur), de Voiron (anesthésiste calomnié : innocenté au bout d’un an !), de Saint-Malo (attaque contre le DIM qui dénonçait une violation massive du secret médical), de Bordeaux (démantèlement du service de médecine légale), on pourrait encore en citer tant d’autres ! ».

Ces exemples suggèrent que ces suspensions font souvent suite à la dénonciation d’abus de gouvernance ou d’une contestation des orientations prises par la direction.

Pour restreindre le risque de suspensions abusives, APH et JM exigent que : « les suspensions soient limitées à 3 mois si aucune procédure n’est initiée (conseil de discipline, insuffisance professionnelle ou procédure pénale) pour brider la durée des suspensions arbitraires » et que « les responsables d’une suspension abusive soient sanctionnés pour abus de pouvoir ».

* anciennement ISNCCA (l'Inter Syndicat National des Chefs de Clinique Assistant des Hôpitaux de Villes de Faculté)

F.H

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Vos réactions (1)

  • Désafection paradoxale pour le libéral

    Le 15 février 2019

    Ce qui m'étonne le plus actuellement c'est de voir la dégradation effective des conditions de travail dans les hôpitaux, mais par contre de voir la majorité des jeunes en début de carrière choisir en priorité des postes hospitaliers, en refusant de se lancer dans la carrière libérale où les conditions de travail permettre de s'exprimer sans la chape de plomb imposée par l'administration, même si celle-ci commence à envahir l'exercice privé.

    Dr Alain Guinamard

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