400 généralistes salariés dans les déserts : ça commence aujourd’hui

Paris, le lundi 21 janvier 2019 – En septembre dernier, dévoilant le plan Ma santé 2022, Emmanuel Macron annonçait le recrutement de 400 généralistes salariés par des hôpitaux de proximité et des centres de santé, afin d’améliorer l’accès aux soins dans les zones "sous-denses".

La direction générale de l'offre de soins (DGOS) indique que cette mesure sera concrétisée dans les prochains jours par l'envoi d'une instruction aux Agences régionales de santé (ARS). Les premiers recrutements auront lieu « à la fin du premier trimestre » estime-t-on aussi au ministère de la santé. 

Ces 400 postes prendront la forme soit d’un exercice mixte soit d’un exercice intégralement salarié.   

Dans le premier cas, la DGOS précise qu'il s'agira « d'un vrai statut mixte avec un mi-temps effectué en ambulatoire, soit en libéral avec un praticien qui tarifie ses actes, soit dans un centre de santé. Et en aucun cas d'un statut hospitalier avec des consultations avancées en ambulatoire ». Le gouvernement mise sur ce mode d'exercice partagé pour permettre aux jeunes médecins fraîchement diplômés « de découvrir différents modes d'exercice et préparer leur projet professionnel ».

La deuxième option (l'exercice intégralement salarié) étudiée par le ministère sera réservée « à des zones très critiques en termes de démographie et définie par les ARS, là où il n'y a plus de solutions libérales ». 

La rémunération de ces 400 postes est pour l'instant inconnue, mais à titre d'exemple, le conseil départemental de Saône-et-Loire vient de recruter plusieurs généralistes dans son centre de santé multi-sites, qui perçoivent de 4 000 à 6 000 euros net par mois à temps plein (sans compter d’éventuels intéressements aux tarifs des consultations libérales).

Recruter des médecins où ils ne veulent pas s’installer : l’équation impossible ?

Enthousiaste, la DGOS estime que le nombre de 400 postes n'est pas définitif et qu’en cas de succès, le nombre d’embauche pourrait être élargi. 

Une ardeur qu’est loin de partager le syndicat MG France. A l’occasion de ses vœux à la presse, le Dr Margot Bayart, vice-présidente du syndicat d’omnipraticiens soulignait : « la question qui se pose, c'est comment va-t-on, dans un contexte de crise démographique, réussir à recruter encore d'autres médecins dans ces zones où personne ne veut s'installer ? On ne peut pas les inventer ». Ces généralistes au statut bâtard pourraient même être un frein à l’installation : « la crainte est de ne plus voir les jeunes médecins s'installer en ville et aller abonder l'hôpital ».

Fiasco or not ? Affaire à suivre

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Une suggestion

    Le 28 janvier 2019

    Et si on ne conventionnait "prioritairement" que les médecins qui accepteraient de s'installer dans les "déserts médicaux "-répertoriés par les conseils de l’ordre départementaux -on réintroduirait ainsi la notion de "service public" qui disparait complétement en secteur rural au profit d'une centralisation appauvrissante et onéreuse que la "collectivité" finance.

    Dr Jean-Pierre Tiberghien

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