Pollution de l’air : la Chine frappée par une tempête de sable

Pékin, le vendredi 24 mars 2023 – L’indice de pollution de l’air est monté en flèche à Pékin, touché par une violente tempête de sable.

Ce sont des images impressionnantes, dignes d’un film de science-fiction. Celles de villes entières englouties sous une importante tempête de sable où le ciel a pris une étonnante et inquiétante teinte orangée. Ces images proviennent du nord-est de la Chine, où un véritable mur de sable de 100 mètres de hauteur balaye la région, la conséquence de vents violents qui soulèvent la poussière dans la région semi-désertique de Mongolie intérieure, dans le nord du pays. Si la tempête actuelle est plus violente qu’à l’accoutumée, ce phénomène est fréquent au printemps en Chine et Pékin avait déjà vu son ciel se teinter d’orange lors d’une tempête en 2021.

Un niveau de pollution 37 fois supérieur aux normes

Au-delà du caractère impressionnant de ce phénomène météorologique, il est potentiellement très nocif pour la santé des centaines de millions de personnes habitants la région. La concentration de particules PM10 dans l’air (particules au diamètre inférieur à 10 micromètres), particulièrement nocives pour le système respiratoire, est actuellement, dans la région, 37 fois supérieur aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A Pékin, l’indice de qualité de l’air était bloquée ce mercredi à 500, soit le niveau maximum, synonyme d’une pollution grave. Des relevés non-officiels semblent démontrer que le niveau de pollution serait en réalité deux fois supérieur à ce qu’annoncent les autorités.

Les autorités chinoises appellent les habitants des régions touchées par cette tempête de sable à faire preuve de prudence et à « bien se protéger du vent et du sable en fermant portes et fenêtres ». Il est recommandé de porter un masque et des lunettes pour se protéger du sable en extérieur. Les personnes fragiles et notamment les enfants, les sujets âgés et les sujets souffrants d’allergies ou de maladies respiratoires sont invités à rester chez eux. Trois mois après la fin de la politique zéro-Covid et la levée des restrictions sanitaires, Pékin a de nouveau les allures d’une ville morte.

La pollution atmosphérique a diminué de 40 % en Chine

Depuis quelques années, le gouvernement chinois a pris à bras le corps la question de la pollution atmosphérique, qui serait responsable selon l’OMS de 7 millions de décès prématurés par an dans le monde dont 2 millions en Chine (bien que ces chiffres soient évidemment très difficiles à évaluer). Le gouvernement communiste a multiplié les mesures pour améliorer la qualité de l’air, en interdisant les véhicules les plus polluants, en limitant l’utilisation du charbon et en éloignant les usines des grandes villes ou en fermant les plus polluantes. Des résultats qui ont porté leur fruits : la teneur de l’air en particules fines aurait diminué de 40 % en Chine entre 2013 et 2020, soit autant qu’en Europe et aux Etats-Unis en plus de 30 ans de politique environnementale. Longtemps une des villes les plus pollués du monde, Pékin est désormais sortie du top 100 de ce classement peu glorieux.

Malheureusement, tous les pays du monde n’ont pas encore pris la mesure de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique et continuent de faire très peu d’efforts pour lutter contre ce phénomène qui fait des ravages. En Thaïlande, ce sont ainsi 1,3 millions de personnes qui auraient été hospitalisées depuis le début de l’année à cause de la pollution, dont 200 000 sur la seule semaine du 6 mars en raison d’un pic de pollution survenu dans la très polluée capitale Bangkok.

Nicolas Barbet

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