Le SNMB appelle la HAS à se prononcer sur les tests PCR triplex

Paris, le mardi 4 juillet 2023 — Le Syndicat national des médecins biologistes (SNMB) a appelé la Haute autorité de santé (HAS) à autoriser les tests PCR permettant de détecter à la fois les infections à virus respiratoire syncytial (VRS), la COVID-19 et la grippe. 

Éviter la saturation des urgences et mettre en place un vrai suivi épidémiologique en temps réel des épidémies de grippe et bronchiolite : ce sont les deux objectifs affichés par la SNMB, à travers un appel lancé aux pouvoirs publics à la HAS.

Ne pas reproduire la situation de l’hiver 2022 – 2023

6000 enfants de moins de deux ans ont été admis aux urgences en moins d’une semaine durant l’hiver dernier. Une situation susceptible de « fragilise[r] notre système de santé » et qu’il serait préférable d’éviter l’an prochain, estime le syndicat national. Pour ce faire, le SNMB propose de généraliser les tests PCR triplex, qui permettent de détecter simultanément les trois virus à l’origine d’une grande partie des infections respiratoires hivernales, à savoir SARS-CoV-2, le VRS et les virus grippaux. Un tel dispositif permettrait de mettre en place un suivi épidémiologique sur tout le territoire à partir des données collectées par les laboratoires publics ou privés et par les professionnels de santé réalisant ces analyses.

« La crise sanitaire a montré que le suivi épidémiologique en temps réel est indispensable à la santé publique », a souligné le Dr Jean-Claude Azoulay, président du SNMB. « C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui d’instaurer le suivi des épidémies de grippe et de bronchiolite et de poursuivre celui du COVID, grâce aux tests PCR reconnus pour leur incontestable efficacité. Le bénéfice en termes de santé publique justifierait que l’assurance maladie prenne intégralement en charge le recours à ces tests PCR », a-t-il insisté. 

Test PCR ou TROD ?

La société savante regrette, pourtant, que la HAS ne se soit pas encore prononcée sur ces tests PCR triplex, alors qu’elle a déjà émis un avis sur les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) antigéniques, dits « tests multiplex », qui permettraient également de détecter les trois virus susmentionnés. Plus précisément, dans un avis rendu le 13 juin 2023, la HAS s’est montrée plutôt défavorable aux TROD grippe/Covid-19 (duplex) et grippe/Covid-19-VRS (multiplex) dans le cadre des consultations médicales en ville. 

La Haute autorité de santé a expliqué que, pour l’heure, « en l’absence de données suffisamment robustes pour attester de leurs performances diagnostiques […] ces TROD ne présentent pas à ce jour d’intérêt médical en vue d’un diagnostic à l’échelle individuelle ». 

En effet, à l’échelle individuelle, la HAS précise que le taux minimal de sensibilité pour un TROD est de 80 %. Or, les données recueillies dans la littérature scientifique tendent à montrer que les TROD multiplex pourraient générer jusqu’à 25 % de faux négatifs pour le VRS chez l’enfant et 45 % pour les virus grippaux, quel que soit l’âge. 

Néanmoins, ces analyses sont tout de même susceptibles de présenter, sous conditions, un intérêt médical à l’échelle populationnelle qui justifierait potentiellement leur prise en charge par l’Assurance maladie. La Haute autorité confirme que « le recours à ces tests pourrait permettre de limiter la prescription inutile d’antibiotiques » et « d’éviter des reconsultations ou des consultations aux urgences pour des infections virales saisonnières, non graves ». 

En tout état de cause, si des réserves demeurent concernant les tests rapides d’orientation diagnostique, les tests PCR triplex, eux, « sont médicalement reconnus supérieur aux TROD », souligne le SNMB.

Pour rappel, la triple épidémie grippe — bronchiolite — COVID-19 avait fortement fragilisé le système de santé et les services hospitaliers en décembre 2022. De très nombreux services d’urgence avaient même atteint un « point critique », avec parfois près de 200 patients attendant sur un brancard en attente d’un lit. Une situation difficile qui avait même amené de nombreux soignants et personnels hospitaliers à se placer en arrêt maladie. Il faut donc se préparer dès maintenant à l’hiver prochain pour éviter de mettre de nouveau en forte tension notre système de santé et nos soignants.

Raphaël Lichten

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