Parler de la santé, une question aussi majeure que complexe

Deauville, le jeudi 23 mars 2023 – Nous l’avons fréquemment souligné dans nos colonnes, l’épidémie de Covid a été une démonstration grandeur nature du difficile exercice qu’est la transmission de l’information médicale de la population. Peurs, méconnaissance et idées fausses concernant la plupart des processus biologiques, difficile maîtrise de la notion de doute qui est inhérent à la science, complexité : les raisons de cette difficulté sont très nombreuses. Face aux défis à relever, les scientifiques et les laboratoires pharmaceutiques et de recherche ne sont pas toujours parfaitement armés pour contrer les méfaits des informations non vérifiées qui circulent portées par certains médias et surtout par internet et qui souvent ne font qu’alimenter les peurs, les idées erronées, voire les appétences complotistes en faisant fi de la complexité et du doute.

Un festival en ligne avec l’innovation numérique

Cependant, la réflexion est de plus en plus riche sur ces questions et sur l’importance d’une véritable maîtrise de la communication en médecine et en santé. C’est notamment l’objet principal du Festival de la communication, qui fêtera la semaine prochaine, les 30 et 31 mars, sa trente-deuxième édition, toujours sur les planches de Deauville. Dans la célèbre ville de la côte normande, la présidente du Festival, Dominique Noël et son vice-président Eric Phelippeau proposeront un programme riche permettant d’aborder la multiplicité du sujet. Il s’intéressera également, comme depuis plusieurs années maintenant, aux atouts (et bémols) qu’apportent les outils numériques (et de plus en plus aujourd’hui l’utilisation des données) sur ces questions.

Comment les médias façonnent notre connaissance de la biologie ?

Ainsi, alors que le défaut de culture scientifique a souvent été identifié comme l’un des obstacles majeurs à la transmission de l’information  santé, Nicolas André (mathématicien et directeur général d’Onteis, membre du programme interdisciplinaire sur les fondements théoriques de la biologie) s’intéressera au rôle joué par les médias « sur les notions d’information utilisées aujourd’hui dans presque tous les secteurs de la santé : de la signalétique du système immunitaire, à celle de la régulation de l’insuline et même du sommeil ! La communication en santé participe à prendre soin du savoir biologique et médical. Mais alors est-ce seulement en tant que diffuseur d’une information scientifique déjà préparée dans les laboratoires ou en tant que partie prenante importante à l’élaboration de ce savoir ? Quelle est son influence et quel est l’enjeu ? ».

« Datas » et humanité

Parallèlement à une meilleure appréhension du rôle des médias, il serait essentiel que les scientifiques et médecins puissent eux aussi mieux maîtriser les processus de communication. Sur ce point, le Festival se penchera sur certaines évolutions de la formation des professionnels de santé et sur la nouvelle donne que représente l’intelligence artificielle dans cette équation. D’une manière générale, la place prise désormais par l’utilisation des datas (en français données) sera interrogée par le Festival avec notamment l’évocation d’une expérience belge positive. Gladys Villey, directrice d’un département d’aide à la personne montrera comment les datas peuvent « faciliter l’humanisation de l’approche ».

Si le Festival démontrera sans doute que contrairement à certaines idées préconçues, numérique, datas et intelligence artificielle ne sont pas des freins à une communication réussie, les obstacles en la matière seront scrupuleusement analysés. Qu’il s’agisse de repenser la force du tabou (Communiquer au-delà des tabous, présidente de l’association de patients Corasso, Sabrina Le Bars) ou les errances que peut provoquer une médiatisation sous « pression » (débat en partenariat avec la Faculté de Pharmacie de l’Université Paris Sud). Enfin, un cas pratique sera proposé à tous les participants au congrès à travers l’analyse de « l’échec des campagnes de prévention solaire » (en partenariat avec Pierre Fabre).

Pas que du cinéma !

Ainsi, on le voit, le Festival promet une nouvelle fois de se montrer éclectique en étant comme toujours résolument à l’écoute des débats qui animent tous les acteurs concernés (des patients aux laboratoires en passant par les praticiens) et en lien avec les innovations les plus récentes dans le domaine. Les multiples formats d’intervention (interview, débat, « speed vision ») garantiront le dynamisme de la manifestation, également porté par de nombreux spécialistes de ces sujets, venus d’horizons très variés (université, presse, entreprises, laboratoires…). Enfin, qui dit Festival, dit prix : après la présentation des différentes campagnes jeudi après-midi, ils seront remis vendredi à quelques mètres des planches qui ont fait la célébrité d’un autre Festival.


A.H.

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