A l’université, la Covid-19 passe les rattrapages

Paris le mardi 15 septembre 2020 - Six mois après la fermeture des universités, l’enseignement supérieur effectue sa première rentrée à l’ère du Covid-19. Comme partout en France, la résurgence de l’épidémie passe par les amphithéâtres, ou plutôt par la vie étudiante.

Coup de froid à Lille

Signe de cette nouvelle époque particulière, la traditionnelle conférence inaugurale de Sciences Po Lille, tenue le 11 septembre dernier, ne s’est pas déroulée sous le haut patronage d’une personnalité politique, mais par une intervention remarquée d’un médecin urgentiste, le Dr Patrick Goldstein, patron des urgences du CHU de Lille.

La scène est rapportée dans les colonnes du journal Le Monde. Quelques jours auparavant, un cluster serait apparu à l’occasion d’un « appartathon » durant lequel les étudiants nouvellement arrivés sur le campus devaient passer le temps d’une soirée d’un appartement à l’autre. Un relâchement dénoncé par le médecin qui pointe du doigt « la responsabilité majeure des étudiants ».

Les soirées d’intégration en cause

A ce jour, plus d’une dizaine de clusters ont été identifiés dans les universités françaises, a annoncé la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dans un communiqué rendu public le 13 septembre.

Au cœur des préoccupations, des contaminations « majoritairement liées à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation de bars) ». Pour le Professeur Didier Gosset, délégué aux affaires sanitaires à l’université de Lille, ce sont notamment les « soirées d’intégration sauvages » qui risquent de faire déraper une rentrée d’ores et déjà compliquée.

Toujours selon Le Monde, des foyers de contamination ont été recensés aux universités de Lille, Aix-Marseille, Bordeaux, Nice, dans l’université de Lorraine ainsi qu’à l’Université de Sorbonne Paris-Nord.

Coupable désigné ou coupable idéal ?

Mais il arrive que les chaines de contamination soit difficile à tracer. Ainsi, à Illkirch-Graffenstaden dans le Bas Rhin, la découverte d’un foyer de Covid-19 a entrainé la fermeture pure et simple de l’université par la préfecture. Plus de 800 étudiants se retrouvent contraints au travail à distance après un arrêté pris en urgence le 14 septembre.

Là encore, ce sont les soirées étudiantes qui se retrouvent dans le viseur des autorités. Si le week-end d’intégration, initialement prévu les 12 et 13 septembre a été annulé, une soirée de bienvenue en extérieur a été organisée lors le 11 septembre.

Mais pour le directeur de l’établissement, Christophe Collet, la soirée s’est tenue « dans le respect des mesures barrières ». En outre, pour le directeur, « considérant les délais d'incubation, les élèves s'étant fait dépister le lendemain de cette soirée, il est peu probable que ce rassemblement soit à l'origine du cluster ».

Une autre piste explication tient d’avantage à l’existence d’un fort brassage sur les campus universitaire. Dans certains établissements, les élèves sont recrutés dans la France entière (et donc, y compris dans les zones parfois rouges).

En pratique, pour les étudiants, l’apparition des clusters signe le retour au travail à distance (voire même, à l’isolement). A Bordeaux ainsi qu’à Sciences Po Reims, l’enseignement à distance a été généralisé.

Les étudiants en médecine particulièrement concernés ?

C’est un curieux paradoxe dans une époque qui n’en manque pas. Mais les étudiants en médecine (censés être les plus sensibilisés aux gestes barrières) semblent être les plus concernés par la reprise de l’épidémie.

A la faculté de médecine de Nantes, plusieurs soirées sont à l’origine des neuf cas positifs remontés la semaine dernière, avec une centaine de cas contacts identifiés. Sur 440 tests réalisés le 7 septembre, 4,5 % se sont révélés positifs. Des cas similaires ont été rapportés à l’université de Poitiers, ainsi qu’à la faculté de médecine d’Amiens. Une situation qui inquiète, tant la "remontée" des cas contacts (dans les amphis bondés, les hôpitaux où les stages sont effectués, et enfin dans les soirées alcoolisées) semble difficile.

C.H.

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