Accalmie en Europe, hécatombe en Amérique

Barcelone, le vendredi 31 juillet – L’épidémie repart à la baisse dans plusieurs pays d’Europe. De l’autre coté de l’Atlantique, le nombre de morts continue d’augmenter aux Etats-Unis.

Et si la deuxième vague n’avait été qu’une vaguelette ? Après avoir observé depuis plusieurs semaines une augmentation inquiétante du nombre de contaminations et craint le début d’une deuxième vague, l’Europe semble être entré dans une nouvelle période d’accalmie. En Catalogne, où les autorités n’avaient pas hésité à reconfiner plusieurs villes, dont la capitale Barcelone, suite au rebond épidémique, la situation tend à s’améliorer.

Situation sous contrôle en Catalogne et en Italie

« Les mesures mises en œuvre ces dernières semaines ont réduit les contaminations au Covid-19, l’épidémie est sous contrôle » a déclaré ce jeudi le président de la Catalogne, Quim Torra. En conséquence, le gouvernement local a décidé de mettre fin au confinement de la ville de Llerida, dont les 200 000 habitants, isolés depuis le 4 juillet dernier, pourront désormais sortir de la ville et se rendre dans les bars et restaurants. En revanche, le confinement de Barcelone se poursuit jusqu’à nouvel ordre.

En Italie, l’un des pays européens les plus gravement touchés par la première vague (35 000 morts), aucun rebond épidémique, même mineur, n’a été observée depuis le début du déconfinement début mai. Le nombre de nouveaux cas quotidiens stagne ainsi entre 200 et 400 depuis près de deux mois et ce malgré une accélération du dépistage.

Pas de masques pour les vikings

La prudence reste tout de même de mise : le Parlement vient de prolonger l’état d’urgence jusqu’au 15 octobre et le port du masque reste obligatoire dans les lieux publics fermés, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 1 000 euros selon les régions. « Toute la littérature scientifique démontre que l’utilisation du masque peut aider à contenir le virus » explique Giorgio Sestili, épidémiologiste à Rome.

Un argument qui ne semble pas convaincre les Scandinaves. Aucun des quatre gouvernements nordiques n’a imposé le port du masque à ses habitants et ils sont très peu nombreux dans les rues de Copenhague ou d’Oslo à le porter. Soren Bostrom, directeur de l’autorité danoise de la santé, a même affirmé que « le port du masque n’avait pas de sens » tandis que son homologue finlandais a estimé que la question ne poserait qu’à la rentrée. En Suède, seul pays d’Europe à n’avoir pas mis en place de confinement, le nombre de contaminations quotidienne est repartie à la baisse après une légère hausse ces derniers jours. Prudemment, le gouvernement a tout de même recommandé aux Suédois de privilégier le télétravail au moins jusqu’au nouvel an.

Ouragan et épidémie en Floride

La situation est à l’inverse de plus en plus catastrophique aux Etats-Unis, qui font face depuis 6 semaines à un rebond épidémique. Le pays a déploré 1 465 décès ce jeudi, la journée la plus meurtrière depuis la fin mai. Avec 155 000 morts au total, les Etats-Unis comptent désormais plus de morts par habitants que la France. Ce jeudi, le président américain Donald Trump a pour la première fois évoqué un report de l’élection du 3 novembre prochain, une éventualité qui fait face à de nombreux obstacles politiques et juridiques.

En Floride, qui apparait comme l’épicentre de cette vague américaine (plus de 200 morts par jour), la situation est hors de contrôle. Les laboratoires ne parviennent pas à faire face à la demande en tests et il faut parfois attendre plus d’une semaine pour connaitre son résultat. Une lenteur qui rend le suivi des contacts impossible. Ami du président Trump, le gouverneur républicain Ron DeSantis continue pourtant de minimiser l’importance de l’épidémie. Pour ne rien arranger, plusieurs centres de dépistage ont dû fermer leurs portes ce jeudi à l’annonce de l’arrivée de l’ouragan Isaias.  

QH

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