Accusé de non-assistance à personne en danger, le médecin de Vincent Lambert se défend

Reims, le mercredi 27 novembre 2019 -  Mardi, le docteur Sanchez, chef du service des soins palliatifs du CHU de Reims où Vincent Lambert était pris en charge jusqu’à son décès le 11 juillet dernier, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Reims pour non-assistance à personne en danger.

Le médecin ainsi que l’hôpital dans lequel il exerce étaient assignés par les parents de Vincent Lambert (voir nos éditions d'hier).

La loi Claeys-Léonetti en procès

A l’audience, le docteur Vincent Sanchez s’est âprement défendu et semble avoir été entendu par le Procureur de la République qui a requis la relaxe, comme nous le supposions hier.

« A chaque étape, j'ai respecté la loi. A aucun moment, je n'ai eu la volonté, ni l'intention de m'écarter de la loi (…) Je voulais que Vincent Lambert puisse être respecté dans ses droits » a expliqué le praticien face aux avocats des parents de Vincent Lambert, Me Paillot et Me Triomphe.
« Pourquoi n'avez-vous pas répondu à nos demandes de transférer Vincent Lambert vers une unité de soins spécialisée ? » a interrogé Me Triomphe.

« Il n'y avait pas de besoin médical à organiser son transfert (…) Si l'ensemble de la famille  (…) avait été d'accord avec le transfert, je l'aurais fait. Mais la tutrice de Vincent Lambert, son épouse, qui seule pouvait le demander, ne l'a pas souhaité » rappelle-t-il.

Le médecin a également réaffirmé que Vincent Lambert était bien, à ses yeux, en situation « d'obstination déraisonnable » qui permet l’arrêt des traitements aux termes de la loi Claeys-Léonetti.

« Bien sûr que Vincent Lambert était en état végétatif chronique. J'ai fondé ma décision sur ce qui se passait, sur ce qu'était Vincent Lambert et sur ce que j'estimais être sa décision, sur ce que je ressentais » a-t-il souligné, faisant notamment référence aux confidences, rapportées par la femme du défunt, qu’il préférait mourir plutôt que de vivre « comme un légume ».

Dans son réquisitoire, Matthieu Bourrette a estimé qu’aucun « élément ne permet de dire que le docteur Sanchez aurait manqué à ses obligations légales ». Il a également dénoncé : « on vous demande de faire le procès du docteur Sanchez comme de la loi Léonetti-Claeys (…) Le tribunal a été considéré comme une tribune pour dénoncer une loi (…) Ce procès a été voulu par la mère de Vincent Lambert. C'est une mère aimante. Mais est-ce suffisant pour avoir un intérêt à agir ? Ce n'est pas au nom de son fils qu'elle agit mais en son nom propre ».

Le jugement sera rendu le 28 janvier 2020.

Xavier Bataille

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Vos réactions (9)

  • Soutien

    Le 27 novembre 2019

    Tout notre soutien et notre respect pour notre collègue(et son équipe) dont le courage, et l'éthique honore notre profession.

    Dr Laurent Mengus

  • Eloge de la vertu

    Le 28 novembre 2019

    Pourquoi la plainte n’a pas été classée sans suite ? La décision du Dr Sanchez s’inscrit dans une démarche médicale légale, collégiale et les termes de la plainte sont juste insultants.
    La relaxe ira de soi mais on offre à nouveau un espace de parole à une secte bien nauséabonde.
    Tout mon soutien à Sanchez dans cette xième épreuve

    Dr P.Eck

  • Acharnement judiciaire.

    Le 28 novembre 2019

    Quand cette famille va t-elle cesser ce harcèlement judiciaire ? Soutien total au Dr. Sanchez.

    Dr Daniel Muller

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