Affaire Séralini : plainte du chercheur pour diffamation contre trois journalistes

Paris, le vendredi 3 mai 2019 - Début janvier, la diffusion d’un numéro d’Envoyé Spécial entièrement consacré à la toxicité du glyphosate avait remis sur le devant de la scène Gilles-Eric-Séralini. Ce chercheur avait médiatiquement organisé en 2012 la présentation de ses résultats (prétendument) fracassants censés démontrer la toxicité des OGM et du glyphosate sur des rats. Très rapidement contestés par la très grande majorité des sociétés savantes et des autorités sanitaires en raison de biais manifestes, ces travaux ont été totalement invalidés par la publication de données sérieuses permettant d’écarter les risques évoqués. Pourtant, Envoyé Spécial s’est montré particulièrement bienveillant avec Gilles-Eric Séralini, ce qui n’a pas manqué de contrarier voire de heurter de nombreux journalistes, se souvenant encore avec une certaine honte du tapage médiatique du chercheur.

Ainsi, Patrick Cohen sur le plateau de C à vous, Mac Lesggy (M6) et Géraldine Woessner (Europe 1) sur Twitter ont rappelé le caractère « frauduleux » et « trompeurs » des travaux du biologiste. Aujourd’hui, Gilles-Eric Séralini a décidé de porter plainte contre ces trois journalistes pour diffamation. Il n’est pas trop tôt pour rappeler que, quelle que soit l’issue du procès, même si la dimension « diffamatrice » des propos tenus était confirmée par la justice, l’étude de Gilles-Eric Séralini, par son orientation des résultats et le choix des animaux testés notamment, ne répondait pas aux critères de qualité habituels d'une publication scientifique.

A.H.

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Vos réactions (4)

  • Gardons foi en la science

    Le 04 mai 2019

    On pense en général que le lobbying, les fake news, la désinformation vont toujours dans le même sens : Goliath étouffant David.

    Hélas, parfois c’est l’inverse : David agit mal, argumente sur des fausses données, tord la vérité pour qu’elle aille dans son sens, se heurte à un Goliath probablement peu vertueux mais qu’il faut combattre plus intelligemment.

    Pauvre Seralini, pauvre Don Quichotte trop naïf ou pas assez ; qu’il tire sa révérence de mauvais acteur d’une pièce trop complexe pour lui ; gardons foi en la science.
    Il n’y a pas de honte à se trouver imbécile un jour.

    Dr Phillipe Eck

  • Abusif

    Le 05 mai 2019

    Souhaitons que cette gesticulation inconvenante sera l'occasion de lui infliger une sévère sanction pour procédure abusive.
    Oser tout, il paraît que c'est à cela qu'on les reconnait.

    Dr Pierre Rimbaud

  • Une citation de Mediapart

    Le 06 mai 2019

    "A l’inverse, parmi les soutiens (y compris critiques) à l’étude de Séralini, on compte entre autres 140 chercheurs signataires d’une lettre ouverte dans Le Monde du 14 novembre 2012. Ils insistent sur sa longue durée (deux ans), alors que les études précédentes étaient de quatre vingt dix jours seulement. Plusieurs statisticiens reconnus ne trouvent pas que le schéma statistique soit scandaleux. Il est affirmé que le protocole de Séralini est très comparable à ceux utilisés dans les études financées par Monsanto pour « démontrer » l’innocuité de ce type de produit et qui, à l’époque, n’ont pas soulevé de doutes sur leur validité. D’autres rappellent que nombre d’experts qui ont conclu en faveur des produits Monsanto et tentent de décrédibiliser Séralini, bénéficiaient de contrats de recherche avec des firmes de biotechnologie et étaient donc en situation de conflits d’intérêts. Plusieurs études concluant à la non-toxicité des OGM ont été publiées dans cette même revue Food and Chemical Toxicology sans que le sérieux de la revue soit critiqué.

    Enfin, on rappelle la communication, elle aussi très massive et spectaculaire (voire illusionniste sur le « nourrir la planète »), de Monsanto pour les OGM en question."
    Médiapart" Controverse Séralini : de la difficulté de la preuve scientifique" (par Claire Mousset*)

    Dr Jean-Jacques Perret

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