Assistants médicaux : le feuilleton des négociations loin d’être achevé

Paris, le jeudi 18 avril  2019 – Les négociations sur le financement d’assistants médicaux devaient se terminer hier, mais, faute de consensus, elles seront finalement prolongées pour au moins une nouvelle séance programmée le 9 mai.

En effet, de nombreux points d’achoppement demeurent.

Plusieurs pommes de discorde

Citons en premier lieu, la volonté de l'Assurance maladie de rendre obligatoire, pour bénéficier des aides à l’embauche d’un assistant médical, la participation aux missions des CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé).

Dans une formulation quelque peu alambiquée la CNAM (Caisse nationale d’Assurance maladie) a ainsi expliqué à ses interlocuteurs : « le déploiement d’assistants médicaux permet aux médecins bénéficiaires de contribuer aux missions en faveur de l’accès aux soins qui sont confiées aux CPTS. À mesure de leur mise en œuvre progressive, les médecins bénéficiaires participeront à leurs actions ».

Les objectifs d’augmentation de patientèle fixés par l'Assurance maladie continuent eux aussi d’empêcher tout accord bien que la CNAM se soit montrée prête à certains aménagements.

Elle propose ainsi que l’aide soit intégralement versée si les praticiens atteignent au moins 75 % de l’objectif, promet qu’ils recevront 75 % du montant prévu s’ils oscillent entre 50 et 74 % de la hausse de patientèle fixée et enfin, en dessous de 50 %, les financements seront versés au prorata du pourcentage obtenu.

Enfin, alors que la CNAM a accepté la possibilité de financer un assistant pour un médecin dans les zones sous-denses, les syndicats avancent désormais la nécessité de faire bénéficier de cet aménagement les médecins dans des zones menacées de devenir désertiques « avant que la situation ne soit catastrophique dans leur zone » suggère le patron des Généralistes-CSMF, le Dr Luc Duquesnel.

C’est peut-être le SML (Syndicat des médecins libéraux) qui a le mieux résumé, dans un communiqué, la position commune des syndicats, en déclarant ne pas vouloir entraîner les médecins libéraux dans un dispositif qui « serait excessivement complexe et technocratique ; présenterait un financement à la fois insuffisant et précaire, alors que les assistants seraient recrutés en CDI ; exclurait certaines spécialités ; exclurait les médecins en secteur 2 ; imposerait des contreparties fortes conduisant à des objectifs d’accroissement de la patientèle trop ambitieux ; hypothèquerait le devenir de l’actuel forfait structure »…

Affaire à suivre !

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Assistants médicaux, médecins assistés

    Le 19 avril 2019

    Pour le coup, le SML fait une synthèse tout à fait claire et explicite de cette nouvelle usine à gaz; comment les autres syndicats peuvent-ils ergoter sur des détails alors que le dispositif lui-même est source de contraintes et de difficultés à venir pour les médecins? Nous avons plus à perdre qu'à gagner avec cette proposition, qui est loin d'être innocente, et qui est presque indécente. Quand nos syndicats défendront-ils les médecins?

    Dr Remy Gries

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