Attentes et inquiétudes à la veille de l’ouverture des négociations conventionnelles

Paris, mardi 15 septembre 2020 - Jeudi, le nouveau directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), Thomas Fatome, accueille la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), MG France, la Fédération des médecins de France (FMF), le Syndicat des médecins libéraux (SML) et le Bloc afin d’entamer de nouvelles négociations conventionnelles. Les attentes des praticiens libéraux sont très claires : ils souhaitent des pouvoirs publics des efforts aussi significatifs que ceux engagés vis-à-vis de l’hôpital public à travers le Ségur de la Santé. Le patron de la CSMF l’a ainsi clairement exprimé en recevant il y a une dizaine de jours le ministre de la Santé lors des universités d’été de l’organisation.

Libéraliser la télémédecine

Pourtant, les syndicats doutent que ces ambitions soient réalisées. En effet, la lettre de cadrage adressée par le ministre à Thomas Fatome a miné leurs espoirs. Le texte insistait d’abord sur l’organisation territoriale : le souhait du ministre est en effet de « renforcer encore la structuration territoriale des soins, la coordination interprofessionnelle et le développement de l’exercice coordonnée » grâce notamment aux Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Au programme également des discussions, la mise en place du service d’accès aux soins et le déploiement de la télémédecine. Le ministre de la Santé semble vouloir pérenniser certaines des dérogations mises en place pour répondre à l’urgence de la crise sanitaire (telle la suppression de la territorialisation ou de l’obligation de consultation présentielle dans les 12 mois précédents pour obtenir une prise en charge). Côté revalorisation, les perspectives sont très ciblées, avec l’application de la Rémunération sur objectif de santé publique (ROSP) à l’ensemble des spécialistes et la revalorisation des « actes de consultations des spécialités dont l’activité est caractérisée par un faible recours aux actes techniques ».

Des angles contestés et discutés, l’absence de financement déploré

Ces premiers éléments ont largement déçu les représentants des médecins libéraux, qui ne seront guère rassérénés par les précisions proposées dans le Quotidien du médecin par le ministre de la Santé, Olivier Véran qui indique aujourd’hui clairement que l’on ne s’oriente pas vers une augmentation du C. Une revalorisation de la visite est plus probable, notamment parce que le ministre veut encourager « l’incitation aux visites gériatriques ». Les syndicats entament donc ces négociations dans l’inquiétude et la déception.

Certains ont déjà alerté. Ainsi, le Syndicat des médecins libéraux (SML) a déploré que la lettre de cadrage ne soit qu’une prolongation du programme « Ma Santé 2022 ». Or, cette politique, déjà critiquée par le SML lors de son lancement, continue de susciter défiance et interrogations. Ainsi, la perspective d’une télémédecine débarrassée de ses contraintes territoriales ou de la nécessité d’une consultation en présentielle est redoutée par le SML, qui dénonce la mise en place d’une médecine « consumériste ». Parallèlement, les orientations dessinées par le gouvernement concernant l’organisation territoriale ou le Service d’accès aux soins font craindre au SML une médecine de plus en plus étatisée. Si les objets de critique peuvent différer en fonction des syndicats, tous partagent le même sentiment d’incompréhension concernant l’absence de perspectives budgétaires. « Ce que ne précise pas la lettre de cadrage, c’est l’enveloppe financière. Nous allons tout faire pour qu’elle soit conséquente » a ainsi averti MG-France.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (3)

  • Pantalonnades

    Le 15 septembre 2020

    ...ça existe encore les négociations conventionnelles ?
    depuis 50 ans qu'elles ne servent à rien, je croyais qu'on avait abandonné ces pantalonnades.

    Dr Guy Alessandri

  • Quid du "Sécurité 2"?

    Le 19 septembre 2020

    Mouvement lancé à l'initiative du reanimateur Paul Chiche.

    Pr A. Muller

  • Hors sujet...

    Le 19 septembre 2020

    Les négociations? A part fermer les ARS qui ne servent qu'à coûter en amputant la Santé de pas mal d'argent, c'est par là qu'il faut commencer. Et cesser de vouloir une fois de plus "réorganiser en territoires", au lieu de réorganiser ce qui ne va pas : les Urgences (à réorganiser avec les médecins libéraux!!!) et leur système d'admission, l'administration pléthorique avec des contrôles qui coûtent du personnel et exaspèrent tous les médecins...

    Dr Astrid Wilk

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