Cavales en série de malades psychiatriques à Toulouse

Toulouse, le vendredi 28 janvier 2022 – Trois malades psychiatriques dangereux se sont « échappés » des hôpitaux où ils étaient internés à Toulouse en seulement huit jours, l’un d’eux agressant violemment une personne âgée.

Un malade mental dangereux s’est échappé de l’asile ! Une accroche sur les chaines d’information continue digne d’un film d’horreur de série B et qui est pourtant devenue réalité à trois reprises à Toulouse ces huit derniers jours. Ce jeudi, c’est un malade psychiatrique de 32 ans qui s’est enfui de l’hôpital psychiatrique de Purpan en déclenchant le système incendie de l’établissement, avant d’être arrêté par la police en centre-ville. En 2017, il avait délibérément écrasé trois personnes avec sa voiture, avant d’être jugé irresponsable. Dimanche dernier, un homme de 47 ans, qui avait tué deux personnes en 2010, s’est échappé de son hôpital avant d’être rattrapé dans l’après-midi.

Un cannibale en liberté

Mais l’évasion la plus « spectaculaire » a eu lieu le 19 janvier dernier, l’évadé portant le surnom peu engageant de « cannibale des Pyrénées ». En 2013, ce vétéran de la guerre d’Afghanistan avait tué un homme de 90 ans avant de manger son cœur et sa langue. Jugé irresponsable, il a « profité » de son évasion pour agresser violemment une femme de 73 ans dans la rue. Neutralisé par un passant, il a été de nouveau interné à l’unité pour malade difficile (UMD) d’Albi. Une enquête pour tentative de meurtre a été ouverte par le parquet, mais il est plus que probable que l’anthropophage soit de nouveau reconnu irresponsable de ses actes.

Deux des évasions de ces huit derniers jours (dont celle ayant conduit à une agression) sont survenus à l’hôpital Gérard Marchant de Toulouse. L’établissement accueille 40 patients jugés irresponsables à la suite de violences et hospitalisés sans leur consentement. L’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Occitanie a ordonné que l’hôpital fasse l’objet d’une enquête administrative « pour s’assurer de la conformité de la prise en charge de ces patients au regard de la réglementation en vigueur ». Selon le journal local La Dépêche, les deux « évadés » bénéficiaient en réalité de permission de sortie et ne sont simplement pas rentrés à l’heure prévue.

Un difficile équilibre entre soins et sécurité

Dans un communiqué, l’hôpital Gérard Marchant a indiqué n’avoir « pas relevé de dysfonctionnement dans la façon dont les équipes ont pris en charge ces patients » tout en se disant prêt à collaborer avec l’ARS pour son enquête. Bruno Madelpuech, directeur de l’hôpital, a tenu a rappelé qu’il est parfois difficile de trouver un équilibre entre « la sécurité publique, la sécurité des soins et les droits des patients ». « Des évènements dramatiques ne doivent pas occulter la réalité sur les maladies mentales, il ne faut pas penser qu’il y a une sur-dangerosité chez les malades psychiatriques » ajoute le docteur Pascal Marie, qui exerce dans l’établissement toulousain. 

L’affaire pourrait relancer le débat sur la responsabilité des médecins et des hôpitaux psychiatriques lorsqu’un défaut de surveillance a permis à un malade psychiatrique de commettre des violences. En 2018, la cour d’appel de Grenoble avait condamné à 18 mois de prison avec sursis un psychiatre qui avait accordé une permission de sortie à un patient qui avait ensuite tué un homme de 26 ans.

Nicolas Barbet

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Vos réactions (1)

  • Mort annoncée de la psychiatrie publique

    Le 28 janvier 2022

    Voilà ce qui arrive lorsque l’état abandonne la psychiatrie publique.

    La Covid monopolise tout.

    Anna Cannavacciulo (IDE)

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