Choc anaphylactique : les personnels enseignants toujours en besoin de formation

Paris, le mardi 3 avril 2018 - Le retour des enfants après le week-end Pascal est marqué par le deuil à l’école Fernand Gayot de Limas (Rhône). Jeudi, après avoir accepté une crêpe proposée par son institutrice un petit garçon allergique aux protéines de lait de vache a succombé à un choc anaphylactique. La situation de l’enfant, en grande section de maternelle, était pourtant connue de l’ensemble de l’équipe enseignante : pour le père du petit garçon, la responsabilité de l’institutrice est entière.

L’anaphylaxie : une angoisse pour les professeurs

Dans les médias, beaucoup ont voulu profiter de ce drame pour rappeler la progression constante ces dernières années des allergies, notamment alimentaires. Si ces dernières ont effectivement augmenté, les données sont difficilement interprétables et mal connues en ce qui concerne les chocs anaphylactiques et plus globalement l’évolution en fonction des niveaux de gravité. Plus certainement, l’affaire illustre la nécessité d’une vigilance constante, de l’ensemble des personnes entourant l’enfant allergique, vigilance qui souvent s’émousse avec la rareté des incidents.

Tout élève atteint d’une allergie alimentaire doit faire l’objet d’un projet d’accompagnement individualisé (PAI). Un stylo injecteur d’adrénaline doit également toujours être tenu à la disposition des équipes. Mais ces dernières sont souvent mal formées et peu préparées. Une enquête réalisée en France auprès de 750 personnes travaillant dans le secteur de l’éducation (administratifs, enseignants…) avaient révélé il y a quelques années leurs inquiétudes. Ainsi, il apparaissait que 62,7 % des participants à l’enquête indiquaient qu’ils hésiteraient à utiliser l’adrénaline invoquant la crainte de contre-indications ou des effets secondaires potentiels ; alors qu’une utilisation non réellement justifiée reste toujours préférable à un défaut de recours.

Les personnels enseignants indiquaient également se sentir démunis et non formés à la prise en charge d’une réaction anaphylactique survenant à l’école (78,2 %). Tous à l’époque avaient manifesté le besoin d’une formation spécifique sur l’allergie alimentaire et la prise en charge de l’anaphylaxie (87,2 %). Le drame de l’école Fernand Gayot semble suggérer que ce besoin n’a pas été partout parfaitement satisfait.

L.C.

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Vos réactions (9)

  • Seule l'intervention du SAMU ou d'un confrère aurait pu le sauver

    Le 03 avril 2018

    L'enfant décédé semble avoir été ramené de l'école au domicile des parents alors qu'il était en état de choc anaphylactique manifeste : seule l'intervention du SAMU de Villefranche (ou d'un confrère sur place avec adrénaline...)pouvait le sauver. Il faut éduquer les populations !

    Dr Jacques L. Ex-praticien attaché consultant, urgentiste, du CHU de Lyon

  • Stylo d'adrénaline dans toutes les trousses d'urgences des écoles ?

    Le 03 avril 2018

    L'équipe était "informée" mais il n'y avait pas de PAI (= protocole d'accueil individualisé) ? Cela arrive trop souvent, mais vu les difficultés de la médecine scolaire, et le travail que doit fournir les directions d'école, le fameux PAI n'est souvent pas fait (ou sans réunion d'information des équipes, ou sans l'enseignant car "ça concerne le midi-deux, ce n'est pas un "temps scolaire").

    Le stylo d'adrénaline n'est pas indiqué pour toutes les allergies alimentaires de l'enfant, donc ne fait pas toujours partie de toutes les "trousses PAI" (qui comportent au moins l'anti-histaminique), mais il pourrait de façon bénéfique être dans toutes les trousses d'urgences des écoles car certaines allergies alimentaires sont découvertes à l'école !
    ça ferait des économies à la sécu car de nombreux enfants ont aujourd'hui une prescription d'adrénaline pour l'école, le centre de loisir, la maison (boîtes de 2 stylos !) dont la durée avant péremption est très courte.

    Dr Blandine Courtot

  • Anaphylaxie

    Le 03 avril 2018

    Il faudrait rappeler que le choc anaphylactique n'est pas un phénomène allergique. Il est provoqué par une des moléculesde dégradation du complément qui entraîne une vaso-dilatation brutale du réseau artériel qui supprime l'apport de sang au niveau du cœur qui pompe à vide. Il faut donc donner un vaso-constricteur en urgence. Chaque école devrait avoir une boîte d'Epipropen qui peut être conservée à température normale, l'injection se faisant en sous-cutané dans la cuisse ou dans le ventre. Les patients allergiques ne courent pas plus de risque que les autres patients.

    Dr Guy Roche, ancien interniste

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