Comment l’épidémie bouleverse la campagne présidentielle

Paris, le mardi 4 janvier 2021 – Meeting reporté, distributions de masques aux militants, manque de médiatisation : les candidats à l’élection présidentielle sont obligés de s’adapter à la situation sanitaire.

A 100 jours de l’élection présidentielle, la campagne électorale peine à démarrer. L’intérêt pour la prochaine échéance électorale semble en effet inversement proportionnel à la propagation de l’épidémie actuelle. Si en novembre dernier, Valérie Pecresse ou Eric Zemmour faisaient les gros titres, les Français n’ont désormais plus qu’Omicron en tête. Les différents candidats à l’élection présidentielle doivent donc s’adapter à cette réalité sanitaire, qui affecte le débat politique mais également l’organisation de la campagne en elle-même.

Le Premier Ministre Jean Castex l’a rappelé à plusieurs reprises : la Constitution interdit d’appliquer aux meetings politiques les mêmes règles sanitaires qu’aux autres rassemblements publics (ce qui a fait grincer des dents, notamment chez les artistes). En principe, rien n’oblige donc les candidats à mettre en place des jauges ou d’exiger un passe sanitaire ou vaccinal à leurs sympathisants. Mais les autorités ont appelé les candidats à faire preuve de civisme et ces derniers se retrouvent donc face un dilemme : s’ils souhaitent se démarquer du gouvernement, ils ne veulent pas non plus qu’on les accuse d’être responsable de cluster.

Valérie Pecresse appliquera le passe sanitaire

L’organisation sanitaire de la campagne devient donc une question politique en elle-même et La République en Marche (LREM) ne se prive pas pour mettre la pression sur les candidats. « Les Français jugeront ceux qui ont su faire preuve de responsabilité » a déclaré le délégué général de LREM Stanislas Guérini. Chaque candidat adopte ainsi sa propre ligne, avec une opposition presque caricaturale entre les candidats modérés et les plus radicaux.

Ainsi la candidate PS Anne Hidalgo a annoncé qu’elle respecterait les jauges fixées par les autorités (pour les réunions non électorales), tandis que l’équipe de Yannick Jadot dit envisager d’organiser des réunions en plein air pour diminuer le risque de contaminations. Valérie Pécresse ira même plus loin puisqu’elle prévoit d’exiger la présentation d’un passe sanitaire à l’entrée de ses meetings. Le parti Les Républicains (LR) a justement fait voter un amendement au projet de loi sur le passe vaccinal qui autorise les partis politiques à exiger un passe à l’entrée des réunions publiques (un texte qui si il était voté serait peut-être censuré par le Conseil Constitutionnel).

Distribution de masques FFP2 chez Jean-Luc Mélenchon

Souhaitant se démarquer du gouvernement, le candidat de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc-Mélenchon indique qu’aucune jauge ne sera appliquée lors de ses allocutions publiques. En revanche, des masques FFP2, plus protecteurs que les masques chirurgicaux, seront distribués aux militants. Une manière de critiquer le choix du gouvernement de réserver ces masques aux soignants. Le candidat communiste Fabien Roussel combinera lui distribution de masques FFP2 et contrôle du passe sanitaire.

Si elle s’est dit opposée à l’application de jauges et du passe sanitaire, la candidate du Rassemblement National (RN) Marine Le Pen a tout de même préféré décaler son prochain meeting de Reims du 15 janvier au 5 février, espérant que la vague Omicron sera terminée d’ici là. Seul Eric Zemmour ne semple pas enclin à modifier l’organisation de sa campagne. « Plus il y a de monde aux meetings, mieux ce sera » a déclaré son directeur de campagne, Olivier Ubéda, qui précise tout de même que le port du masque sera obligatoire.

Outre l’organisation de la campagne, l’épidémie chamboule également le débat politique. La crise sanitaire est omniprésente, empêchant les candidats d’imposer d’autres thèmes de campagne comme l’immigration pour les uns ou l’écologie pour les autres. Une situation qui arrangerait Emmanuel Macron, dont la candidature, bien que non officielle, ne fait pas grand doute. « Ça l’arrange beaucoup, parce que tant qu’on parle du Covid, on ne parle pas d’autre chose » regrette Sébastien Chenu, porte-parole du RN.

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Merci

    Le 04 janvier 2022

    À Nicolas Barbet pour cet article informatif et politiquement neutre qui nous change des discours à charge et à la Fidel Castro d'une journaliste de votre équipe.

    Dr Pierre Castaing

Réagir à cet article