Comment peut-on être urologue Persan ?

Téhéran, le samedi 19 novembre 2022 – Ce devait être une grande gloire pour le Pr Simforoosh et la médecine iranienne au nez et à la barbe du grand Satan.

Début novembre 2022, l’urologue Nasser Simforoosh devait recevoir un prix honorifique de la Société internationale d'urologie (SIU) du Canada pour saluer l’ensemble de sa carrière. Mais la cérémonie a été reportée sine die compte tenu d’accusations portées par des médecins canadiens, américains et iraniens.  « La SIU a demandé des renseignements auprès du Dr Simforoosh au sujet de ces allégations. Nous avons décidé de reporter la remise du prix afin de permettre la tenue d’une enquête sur les sujets portés à notre attention » a expliqué la société savante dans un communiqué. Ses accusateurs reprochent au Pr Simforoosh des comportements sexistes et antiscientifiques.

Quand un professeur de chirurgie empêche les étudiantes d’assister aux interventions…


Plusieurs praticiens formés sous la direction de Simforoosh en Iran ont ainsi attesté qu'il empêchait les internes femmes et les étudiantes en médecine d'assister aux interventions chirurgicales… En outre, pendant la pandémie, l’éminent chirurgien a exhorté le régime des mollahs, dans une lettre ouverte, d’interdire l’importation de vaccins à ARNm soutenant l’infériorité de la « science occidentale » et évoquant des risques de modifications génétiques humaines.

Peu de temps après, l’Iran interdisait ces vaccins. Selon un groupe de médecins opposés à la remise d’un prix au Pr Simforoosh, cette décision a contribué au taux de mortalité élevé attribuable à la Covid-19 en Iran malgré une population relativement jeune. Hamidreza Abdi, un professeur d’urologie à l’Université Western Ontario, formé par le Pr Simforoosh dit lui se souvenir, dans la presse canadienne, d’un excellent médecin…aux opinions rétrogrades.

« Je me suis échappé d’Iran à cause de personnes comme lui. Ce n’est pas le bon moment pour lui remettre un prix alors que des femmes iraniennes manifestent pour défendre les droits auxquels il s’oppose » souligne-t-il ainsi. « C’est un double standard : si un médecin comme le Pr Simforoosh travaillait au Canada, il aurait été congédié de tous les établissements de santé qui l’auraient employé (…) Et là, on lui donne un prix » raille quant à elle le Dr Katayoun Rahnavardi, un médecin généraliste d’origine iranienne exerçant à Vancouver.

Avicenne, réveille-toi, ils sont devenus fous…

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (3)

  • Urologue iranien

    Le 19 novembre 2022

    Qu’insinuez-vous quand vous dites « Réveilles toi Avicenne, ils sont devenus fous »?
    Allez , du courage!
    Qu'est ce qu'Avicenne vient faire là-dedans ?
    Si un urologue occidental avait agit de la sorte, qu’aurait pensé Avicenne ? Selon que l’on soit occidental ou oriental les règles morales doivent être également appliquées.

    Dr J-L Verine

  • Où sont les indignés ?

    Le 19 novembre 2022

    Très révélateur ce cas : un médecin occidental type "mâle blanc" aurait été crucifié par tous les professionnels de l'indignation sélective, mais heureusement que le Canada a des soignants d'origine iranienne qui continuent à faire passer les informations pas forcément très médicales : bravo à eux !
    Mais quel silence des organisations anti racistes, féministes, progressistes, inclusives, etc qui sont pourtant très actives dans les milieux universitaires canadiens et nord américains : honte à eux !

    Dr F Chassaing

  • TR

    Le 21 novembre 2022

    Bravo !
    Car il faut savoir appuyer là où ça fait mal (ce que dont on a pourtant accusé le Professeur Daraï).

    Dr P Castaing

Réagir à cet article