Congé menstruel : un dispositif à manier avec précaution

Madrid, le mercredi 18 mai 2022 - Le gouvernement espagnol a présenté au Cortès un projet de loi créant un « congé menstruel » pour les femmes souffrant de règles douloureuses.

Si le texte est adopté, comme il en a toutes les chances, il s’agirait d’une première en Europe. Dans le reste du monde, seuls le Japon (depuis 1947 !), la Corée du Sud, l'Indonésie, Taiwan et la Zambie se sont dotés d’un tel arsenal législatif.

Cet arrêt maladie prescrit par le médecin traitant n’aura « pas de durée limite » alors qu'une version préliminaire prévoyait un congé de trois à cinq jours selon l’intensité des douleurs. En Espagne, la mesure a suscité des réticences au sein de l'exécutif et des syndicats.

Une menace pour l’employabilité des femmes ?

« Il faut faire attention avec ce type de décision », avait mis en garde vendredi la secrétaire générale adjointe de l'UGT (Union générale du travail), l'un des deux principaux syndicats espagnols, Cristina Antoñanzas, se disant inquiète d'un possible frein à l'embauche des femmes de la part d'employeurs voulant éviter ces absences. Une analyse repoussée par Commissions ouvrières (CCOO), l'autre grand syndicat espagnol, qui a salué une « avancée législative » majeure, de nature à « rendre visible et reconnaître un problème de santé jusqu'à présent ignoré ».

Ce « congé menstruel » est l'une des mesures phares d'un projet de loi plus large qui prévoit notamment de renforcer l'accès à l'avortement dans les hôpitaux publics par une régulation de la clause de conscience des médecins. 

En France, l'idée fait lentement son chemin. L'année dernière, une entreprise de Montpellier avait expérimenté un congé menstruel de 24 heures pour la première fois. Depuis, quelques autres entreprises ont ouvert une telle possibilité à leurs salariées féminines.

Marlène Augustin

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Vos réactions (1)

  • Une lourde menace pour les femmes

    Le 18 mai 2022

    L'égalité d'accès à l'emploi risquerait fort d'être compromise.
    Il est pourtant facile d'abolir les règles. Que font donc les médecins ?

    Dr Pierre Rimbaud

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